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Ma maison

En 1978, un ami me propose d'acheter cette maison seigneuriale du XIVème siècle pour y expérimenter des techniques nouvelles de rénovation de l'habitat ancien.

Cet immeuble de caractère, est suffisamment vaste pour y mener des expériences significatives et reproductibles sur l'habitat provençal. Il est mitoyen de mon propre appartement que je viens de rénover. Il me semble judicieux de l'acquérir pour constituer un ensemble cohérent.

J'acquière donc celui-ci le 15 septembre 1978.

En 1979 et 1980 deux projets sont présentés par la cellule habitat du Centre d'Études Technique de l'Équipement d'Aix en Provence au Plan Construction pour un financement, ils sont rejetés.

 En 1980 le Plan Construction lance un concours sur les économies d'énergies dans l'habitat ancien. 10 sujets d'études sont proposés, mon immeuble est l'un d'eux. Le 15 décembre 1980, 5 équipes d'architectes et thermiciens ont répondu au concours sur le projet de réhabilitation de mon immeuble.

Le 22 mai 1981, le jury du concours déclare que l'équipe Pellenq-Fauré sont les lauréats du concours et qu'ils bénéficieront d'un financement particulier pour mettre en oeuvre leurs solutions.

Le 19 novembre 1982, le permis de construire est déposé et les travaux commencent le 15 mars 1983. Ils se poursuivront jusqu'au 31 mai 1984.

Au cours des siècles, l'immeuble avait été morcelé, il avait aussi connu quelques rapiéçages. Il était donc nécessaire de le restructurer, de rouvrir des fenêtres et de les réaligner, de refaire la toiture et de consolider l'état des murs.

Pour le choix énergétiques, les lauréats avaient choisi, pour conserver les planchers en bois (représentatif de leur époque) de les conserver et par contre de réaliser des cloisons chauffantes. La chaleur étant fournie pour une pompe à chaleur avec comme complément énergétique un appoint gaz. L'originalité de la solution était de puiser les calories dans l'air extrait de la ventilation. Cela avait pour intérêt de garantir à la pompe à chaleur un approvisionnement en calories constant et par conséquent un rendement maximum.

Pour les façades, il fut décidé de les réaliser avec un mélange de chaux et de ciment, mais à l'origine, les façades extérieures étaient  en plâtre protégé par une couche de peinture et par une toiture débordant de 1,20m . La technique ancestrale fut rejetée, aucun artisan n'ayant souhaité tenter l'expérience.

Le choix énergétique s'est révélé efficace malgré quelques disfonctionnements dus aux différences de températures de l'eau fournie pour le chauffage de l'immeuble et pour celles de l'eau chaude sanitaire. Ces difficultés trouvèrent leurs solutions.

Autre difficulté, fut le choix d'un chauffage collectif ce qui compliqua un peu le calcul des charges de chaque locataire. Néanmoins tout trouva une solution.