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Paris, lundi 22 novembre 1993.
Depuis deux heures
je suis pris dans les embouteillages du périphérique. Il fait
froid. Dehors de petits flocons de neige tombent sans réussir
à recouvrir la chaussée. Déjà à l'aller, Paris ne m'a offert
que des embouteillages. Je n'aime pas la ville et la ville me
le rend bien. En moins de 36 heures je suis passé de la
pagaille de Katmandou à celle de Paris, la pollution, le
bruit, la foule sont là, pourtant la différence est flagrante.
A Paris, tout est
"clean": pas de trous dans la chaussée, pas de tas d'ordures
visibles, mais sur six rangs les voitures roulent pare-chocs
contre pare-chocs, dégagent leur part d'oxyde de carbone et
d'autres polluants. Le périphérique est étroit et bordé de
buildings hétéroclites. Là-bas, les bus crachaient des nuages
noirs, klaxonnaient sans arrêt pour se frayer un passage entre
les vélos-taxi. Les vaches déambulaient dans un environnement
bruyant et poussiéreux où une foule insouciante vaquait à ses
occupations. Les véhicules frôlaient les étals des commerçants
et des artisans dont la petitesse des échoppes débordait
nécessairement sur la voie publique.
Hier en quittant
Roissy, j'ai demandé au chauffeur de taxi ce qui s'était passé
d'important depuis un mois. Après avoir réfléchi un bon moment
il m'a répondu qu'en dehors de la défaite de la France en
football, il ne voyait rien. La radio semble d'ailleurs lui
donner raison. Aux informations les journalistes titrent :
- Impasse sur les
accords du G.A.T.T.,
- 3° séminaire
gouvernemental organisé par Balladur,
- 30° anniversaire
de l'assassinat du Président Kennedy,
- A Lyon une femme
enceinte a été mise en garde à vue toute une nuit sans raison
apparente,
- Publication d'un
livre blanc sur l'emploi par Jacques Delors.
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Autant
de problèmes dont on parlait bien avant mon départ. On ne
parle plus de la grève du personnel au sol d'Air France
qui a tant perturbé mon départ, mais les problèmes
soulevés ne sont pas résolus. Je peux sans difficulté
reprendre le fil de l'actualité comme si de rien n'était.
Pourtant je viens de vivre ce voyage comme un rêve
d'enfant avide d'aventure et ce matin, descendant de mes
cimes, je replonge dans le quotidien de ma vie. Je
retrouve mes habitudes. J'ai le plus grand mal à réaliser
le sens de cette épopée qui s'achève. N'ai-je pas tout
simplement rêvé!
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