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Mon aventure au Népal 1993

Autour de l'invisible Annapurna

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            Ce sont les bruits de l'hôtel qui ce matin m'ont réveillé. L'ambiance de fin de trek d'hier soir, le modernisme de la lodge, le confort de mon lit, ont fait que cette nuit je n'ai cessé de penser à mon retour en France. Il m'a fallu beaucoup d'énergie pour me déconcentrer et trouver le sommeil. Chandra ne semble pas avoir eu ces problèmes, il dort comme un bienheureux.

 

            Ramzi et Khamel sont déjà debout. Dès que j'apparais, ils s'empressent de me faire servir mon déjeuner. Dehors le ciel est pur. Je guette les premiers rayons du soleil pour pouvoir filmer les sommets qui nous entourent. Tout d'un coup un bruit inhabituel attire mon attention. Par la porte d'entrée je vois des soldats passer en petite foulée. Je bondis sur ma caméra. La scène est assez insolite. Un peu plus tard, c'est le vrombissement d'un avion qui vient nous surprendre. Tout le monde se précipite sur la terrasse. Nous sommes aux premières loges. Les avions se succèdent les uns derrière les autres, déposant et embarquant leurs passagers. Il faut qu'ils se dépêchent, car dès 11 h la piste sera rendue impraticable à cause du vent ou des nuages. Il n'est pas rare que les vols soient annulés.

 

            Khamel, fait appel à mes qualités de toubib. Il me montre une bosse qu'il a sur l'un de ses pieds. Je lui passe sans grande conviction un désinfectant. Il ne sait pas m'expliquer ce qu'il ressent. Quelques jours plus tard, à force de le voir se plaindre, j'arriverai à comprendre qu'il s'est tordu le pied. Seul un bon repos serait efficace, mais pour lui c'est impossible, il faut d'abord regagner Katmandou.

 

            Ramzi est parti avant nous. Nous ne le retrouverons qu'à l'étape du soir. Il a vraisemblablement fait route avec le guide et les porteurs de l'autre groupe. Pour nous ce n'est qu'à 8 heures et demie que nous quittons l'hôtel. Le premier village que nous traversons est Marpha. C'est un village magnifique aux rues pavées et aux maisons en pierre. Ici, tout semble propre et particulièrement soigné. Les champs des alentours semblent eux aussi faire l'objet d'une attention particulière. Pourtant notre attention est attirée par le travail de plusieurs familles qui profitent d'un canal où l'eau coule avec force, pour laver les boyaux de je ne sais quels animaux. Un peu plus loin nous constaterons qu'il y a un abattoir en pleine activité. Ce que nous trouvons à l'intérieur tranche avec la propreté du village. Ici les contrôles sanitaires ne doivent pas passer souvent. Les animaux sont découpés à même le sol. Au milieu de la cour, un tas de fumier. Un boucher la traverse, une tête de taureau dans les mains, en enjambant, comme il peut, ses collègues en plein travail. Un peu plus loin, nous trouverons les femmes en train de faire leur vaisselle dans les mêmes eaux que celles qui servaient à laver les tripes.

 

            En passant je remarque un panneau sur une maison "Canadian Librairy Center". J'interroge Chandra qui profite d'une "pause thé", pour s'informer. La fille de l'aubergiste nous conduit à la maison, se débrouille pour obtenir la clé et nous fait visiter la maison. Il s'agit d'une bibliothèque subventionnée par une association canadienne. Quelques livres et revues sur la montagne et le Népal sont rangés et offerts aux visiteurs. Ils sont accessibles aux habitants de la ville et il semble qu'il y ait la possibilité de les acheter. Je n'en saurai pas plus, mais la jeune fille me gratifie du nom de "Great Father", ce qui fait rire Chandra. De retour je raconte l'histoire à Régis et Philippe en leur disant que je me suis fait traiter de "papi". Le mot sonne bien et Chandra le retient. A partir de ce moment, ce sera le nom qu'il me donnera.

 

            A la sortie du village, je remarque un bâtiment un peu plus carré avec un panneau indiquant qu'il s'agit d'un centre de recherche et de valorisation des produits de l'agriculture. A côté, des arceaux indiquent qu'on y fait de la culture sous serres.

 

            Un peu plus tard, nous traverserons la ville de Tukuche. Sur toutes les toitures sèche la dernière récolte. Je remarque la présence de maïs. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans une lodge assez mignonne. Nous mangeons dans la cour, qui n'est autre qu'un patio. De nombreuses fleurs l'ornementent. Sur la terrasse, une femme est en train de lisser la terre battue avec une serpillière.

 

            En reprenant notre route, nous gagnons le bord de la rivière. Par moment, nous cherchons notre trace dans le lit, d'autres fois, nous sommes contraints de prendre le sentier sur la rive pour éviter de mettre les pieds dans l'eau. Nous croisons des caravanes de mules et de chevaux. Nous doublons aussi quelques troupeaux de moutons descendant des estives avec les bergers et toute leur famille. Ici les bergers ne semblent pas connaître l'utilisation du chien pour guider le troupeau. Tout se fait à coups de sifflets. Lorsque le chemin se fait pentu et herbeux, les animaux se dissipent davantage. La famille s'étale et tente de les faire avancer en les rassemblant. Leur progression soutient malgré tout un bon rythme.

 

            Nous arrivons enfin à Lété. Cette ville se divise en deux hameaux, l'un en haut, l'autre en bas. C'est en effet ici que la Phano Khola rejoint la Marygandaki en dévalant une dénivelée de deux ou trois cents mètres en quelques centaines de mètres. Après avoir passé la ville haute, nous arrivons sur un promontoire d'où nous voyons les deux vallées. C'est assez vertigineux. Pour gagner Lété Bas, nous descendons une très forte pente où nous rencontrons des femmes qui, elles, remontent des ballots de foin.

 

            La lodge où nous retrouvons Ramzi est tout à fait au fond de la vallée. Le lieu est peu ensoleillé et peu engageant. A la terrasse je retrouve les grenoblois rencontrés à Thorung Pass et équipés de capteurs solaires. Ils ne me laissent pas le temps de rentrer. Le concepteur du matériel me donne tous les détails de son installation et va jusqu'à démonter son chargeur pour me montrer l'électronique qu'il a conçue. Malheureusement, je n'ai aucune compétence pour comprendre ses explications. Nous échangeons nos adresses et je lui donne les références de l'association solaire qui m'a prêté le sac à dos. A mon plus grand regret, je la perdrai peu de temps après.

 

 

          Je retrouve mes compagnons dans la salle à manger, une pièce où j'ai le plus grand mal à voir tant elle est obscure. On me guide jusqu'à ma chambre où je dormirai seul. Elle n'est séparée des autres que par de mauvaises planches pas toujours très jointes. Les grenoblois campent dans une arrière cour. Dans la salle de séjour, nous nous entassons pour passer la soirée. Il y a bien une installation électrique. Chandra en vérifiera le bon fonctionnement, mais c'est à la lampe à essence que nous serons éclairés.

 

            A table, je converse avec une femme d'une quarantaine d'années. Elle termine comme nous le tour des Annapurna. Elle est au Népal pour deux mois. Elle a pris le temps de visiter longuement Pisang, Manang et Jomson, d'où elle a fait plusieurs excursions rayonnantes dont elle est très satisfaite. Je trouve dans ses propos, la confirmation du sentiment que j'avais d'être passé un peu trop vite dans ce secteur et d'avoir manqué de nombreuses occasions.

 Ramzi photographié au dessus de Manang

 

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