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Mon aventure au Népal 1993

Dans la tourmente de la grève d'Air France.

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22 octobre à Roissy.

 

            Il est midi. Le taxi a réussi à sortir des encombrements qui bloquent l'aéroport. Nous avons du passer par la zone de fret pour éviter le piquet de grève et maintenant nous recherchons le parcours qui nous conduira à l'entrée de l'aérogare.

 

            Je suis tendu à mort. Depuis une heure je vois les tours de Roissy, sans avoir l'impression de m'en approcher. Il y a un an que je prépare ce voyage et l'avion que je dois prendre risque de partir sous mes yeux, sans moi.

 

            Il y a deux heures que je suis dans le taxi et depuis une heure j'aurais dû retirer mon billet au bureau de Nouvelle Frontière. Dans le taxi, la radio nous a appris que les grévistes avaient bloqué les entrées de l'autoroute. Fort de cette information, le chauffeur a préféré prendre la nationale. Grâce au radio téléphone, j'ai appelé Nouvelle Frontière qui m'a conseillé de poursuivre ma route. Le temps passe, tout est bloqué. Dans le taxi je ne tiens plus sur mon siège. J'ai dû me débarrasser de mon sac banane qui formait une boule sur mon ventre et renforçait les effets de ma crispation.

 

            Enfin, dans un enchevêtrement de voies qui montent et descendent, le taxi s'arrête devant une des portes d'accès de l'aérogare. Je saute dehors pendant que le chauffeur extrait mes bagages du coffre et les dépose sur un chariot. Je le règle et me dirige vers le hall d'accueil. C'est alors que, voulant connaître le numéro de la porte la plus proche de Nouvelle Frontière, je m'aperçois que j'ai laissé mon sac banane et tous mes papiers dans le taxi.

 

            Panique! Comment retrouver ce chauffeur qui s'est empressé d'aller à la recherche d'un nouveau client? Je demande à ceux qui passent, s'ils peuvent m'emmener vers l'aire de départ. C'est un refus catégorique. Pas de concurrence déloyale. Je suis contraint d'abandonner mes bagages trop lourds à porter et doit partir à pied. Je coure et suis la direction que prennent les voitures, elle m'amène aux  taxis, je retrouve le mien et mon sac banane. Ouf!

 

            C'est la première fois que je prends l'avion depuis 27 ans. Je suis peu habitué à ses exigences. J'ai fait le choix de répartir mes affaires dans deux sacs de voyage. Dans l'un j'ai mis tout ce qui n'a aucune valeur et dans l'autre le reste. Je pensais ainsi garder avec moi tout ce qui a une valeur. Je ne me suis pas rendu compte que ce sac est intransportable. A l'enregistrement, on ne manque pas de me le faire remarquer. L'employée exige que les deux sacs soient pesés. Ils font ensemble 22 kilogrammes, deux kilogrammes de plus que le maximum autorisé. Je dois, en plein hall de gare, extraire le sac à dos que je suis autorisé à garder avec mois en cabine et y entasse ce qui peut me servir pendant le voyage. Ainsi allégés, mes bagages sont acceptés à l'enregistrement. Bien entendu, dans l'urgence, les choix sont délicats et je commets des erreurs. J'oublie de prendre un stylo pour remplir les différentes fiches d'embarquement et de transit qui me seront demandées. Je me sépare des batteries de mon camescope et je ne pourrai filmer  les plus hauts sommets de l'Himalaya lorsque nous survolerons le Népal. J'oublie mes affaires de toilette qui m'auraient permis de me rafraîchir au cours de la nuit à Moscou, etc....

 

            Enfin, je suis dans la salle d'embarquement. C'est bien là l'essentiel. Quel soulagement! Les trekkeurs sont nombreux et très reconnaissables à leurs sacs à dos, leurs anoraks et leurs grosses chaussures.  Dans son livre "A la recherche de la Baleine Blanche", Jacques Lanzman en avait donné une description qui m'avait surpris,. Elle s'avère tout à fait exacte.

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