|
Ce matin, en
attendant que tout le monde se réveille, je me plonge dans un
intéressant livre sur le Népal, trouvé dans la bibliothèque de
Catherine. A 8 h les enfants se lèvent. A 9 h je pars avec
Bassou. Sur la route il me montre une vache décorée pour être
sacrifiée. Je m'exclame : "Pauvre vache". Bassou s'étonne et
réplique : "en France aussi on mange de la viande". J'ai tout
de même du mal à comprendre qu'on tue pour satisfaire les
besoins en sang d'une déesse.
A l'agence, on
prépare mon permis de trek. Rendez-vous est pris pour mon
départ à 12 h 30. Je profite de ce temps libre pour
récupérer mon gilet. Bien entendu, lorsque je me présente à la
boutique, le gilet n'a pas été retouché. J'explique que je
pars à 11 h et qu'il y a peu de chance pour que je puisse
repasser. Le vendeur me dit que c'est la fête. D'accord, mais
il s'était engagé. Je repasserai à 11 h 30 dernier délai. Un
peu plus tard, je retrouve mon vendeur de cassettes. Il est
tout heureux de me revoir. Nous procédons à l'échange, roupies
contre cassette. Je passe aussi à la petite supérette qui est
à l'angle de Tridevi Marg pour m'approvisionner en "Mars" et
en "Tang". Enfin je repasse pour mon gilet, il est prêt. Me
voila paré.
A l'agence je
retrouve Chandra, c'est lui qui me servira à nouveau de guide.
Il est accompagné de Boté Lama qui sera le porteur. Ce dernier
est plus petit que Ramzi et toujours souriant. Nous prenons un
taxi. Comme toujours, le conducteur doit faire trois fois le
tour de son véhicule pour ouvrir les portes qui ont perdu plus
ou moins volontairement leurs poignées. On roule toutes
fenêtres ouvertes jusqu'au Central Bus Stop. Impossible de
fermer les vitres, pour elles non plus, il n'y a pas de
poignées.
A 13 h nous montons
dans un autocar, Chandra me fait installer dans la cabine
avant. Peu à peu le car se remplit. Il y a dans ce lieu une
incroyable effervescence. De tous côtés on s'agite, les coups
de Klaxon fusent, les gaz d'échappement forment d'épais nuages
noirs qui s'élèvent ici et là à chaque vrombissement de
moteur.
Lorsqu'enfin le
conducteur s'installe à sa place, son premier geste est de
plonger sa main dans le seau qui est entre mes jambes pour
faire le plein d'eau du radiateur. Le moteur démarre au quart
de tour, mais on attendra encore un bon moment avant que notre
car s'ébranle. Lorsque nous nous présentons à l'entrée du
parking, il est plein à craquer. Dans la cabine, nous sommes
une dizaine de personnes alors que seules 5 places assises
sont prévues. Derrière on est serrés comme des anchois et j'ai
vu des personnes monter sur le toit. Je me souviens que le
père de Catherine m'avait demandé si je monterais sur le toit
d'un car. Je n'avais pas bien compris ce qu'il voulait dire.
Lorsque nous recevons l'ordre du départ, le contrôleur ne
prend même pas la peine de fermer la porte.
Nous prenons la
direction de Bhaktapur. Je m'en aperçois car nous suivons la
seul ligne de trolley bus qu'il y ait au Népal. Elle a été
construite par la Chine. Il y beaucoup de monde sur la route.
Tous les cars que nous rencontrons sont archi pleins. A 15 h
nous arrivons à Banepa, une petite ville semblable à Mugling.
Il s'agit sans doute d'une halte routière, car il y a de
nombreux autobus et une très grande agitation dans la large
rue qui la traverse. A peine avons nous le temps de descendre
que Chandra et Botélama sont déjà partis à la recherche du car
qui nous avancera vers le Langtang.
Je croyais avoir
tout vu en matière de transport, mais là, les autobus partent
bourrés à mort avec des passagers pendus aux portes ou à
l'échelle d'accès au toit. En moins de temps qu'il ne faut
pour le dire, je me retrouve assis à l'avant de la galerie et
lorsque notre véhicule s'ébranle nous sommes bien une
cinquantaine d'hommes, femmes et enfants nous cramponnant
comme nous pouvons pour nous maintenir à notre place. Il faut
reconnaître qu'avec des autobus qui ne doivent pas dépasser
les 40 km/h, les risques sont faibles.
L'ambiance est chaude, il y a toute une bande de jeunes gens,
vraisemblablement des étudiants, qui ont pris place à nos
côtés. Ils ont entrepris de chanter en s'accompagnant d'un
tam-tam. Nous traversons des paysages extraordinaires. La
vallée est agricole. A perte de vue, je vois des champs
découpés en banquettes qui tracent des sinusoïdes dans
l'espace. Nous sommes en pleine période des moissons et il y a
beaucoup de couleurs. Tous mes sens sont aux abois pour saisir
les subtilités de cette situation. Cela me rappelle ce voyage
en camion, fait à 20 ans, pour rejoindre un kibboutz du Nord
de la Galilée après mon arrivée à Tel Aviv.
Nous ne tardons pas à quitter la route goudronnée, une route
qui va jusqu'en Chine, puis nous bifurquons pour prendre un
chemin de campagne. Vers 19 h, à l'occasion d'une halte, la
plupart des passagers descendent et on nous fait entrer à
l'intérieur du car. La nuit est tombée depuis un bon moment.
Une demi heure plus tard nous arrivons à Melamchi. Il n'y a
pas d'électricité, nous sommes dans le noir le plus absolu.
J'ai l'impression d'être sur une décharge sauvage. Nous
trouvons une lodge, mais le choix n'était pas grand. Tout ici
est crasseux. Une femme fait la cuisine au bord de la rue sur
un poêle en terre cuite. Nous avons pris place à l'intérieur.
Comme nous commençons à manger un groupe d'enfants vient nous
faire la sérénade. Ici aussi on est en pleine fête.
Après le repas, je demande s'il y a des toilettes. Ma question
semble bien saugrenue. Le patron me montre la nature. A moi de
me débrouiller. Je pars dans le noir. Des chants proviennent
de toutes les maisons. La fête bat son plein. Je comprends que
tous ceux qui ont pris le car avec nous, font maintenant la
fête en famille. Cela correspond à ce que m'avait dit Bassou
lorsqu'il m'avait expliqué que "pour la fête de la Dassain,
Katmandou se vidait des deux tiers de sa population". Comme je
n'arrive pas à savoir où je mets les pieds, en désespoir de
cause, je m'arrête au bord du chemin, j'éteins ma lampe et
fais mes besoins dans le noir puis je rejoins ma chambre.
Avant d'étaler le duvet, je saupoudre
|
le lit d'anti-poux. Catherine
m'a recommandé cette précaution. Ici elle se justifie
particulièrement.
L'ambiance est chaude, il y a toute une bande de jeunes gens,
vraisemblablement des étudiants, qui ont pris place à nos
côtés. Ils ont entrepris de chanter en s'accompagnant d'un
tam-tam. Nous traversons des paysages extraordinaires. La
vallée est agricole. A perte de vue, je vois des champs
découpés en banquettes qui tracent des sinusoïdes dans
l'espace. Nous sommes en pleine période des moissons et il y a
beaucoup de couleurs. Tous mes sens sont aux abois pour saisir
les subtilités de cette situation. Cela me rappelle ce voyage
en camion, fait à 20 ans, pour rejoindre un kibboutz du Nord
de la Galilée après mon arrivée à Tel Aviv.
Nous ne tardons pas à quitter la route goudronnée, une route
qui va jusqu'en Chine, puis nous bifurquons pour prendre un
chemin de campagne. Vers 19 h, à l'occasion d'une halte, la
plupart des passagers descendent et on nous fait entrer à
l'intérieur du car. La nuit est tombée depuis un bon moment.
Une demi heure plus tard nous arrivons à Melamchi. Il n'y a
pas d'électricité, nous sommes dans le noir le plus absolu.
J'ai l'impression d'être sur une décharge sauvage. Nous
trouvons une lodge, mais le choix n'était pas grand. Tout ici
est crasseux. Une femme fait la cuisine au bord de la rue sur
un poêle en terre cuite. Nous avons pris place à l'intérieur.
Comme nous commençons à manger un groupe d'enfants vient nous
faire la sérénade. Ici aussi on est en pleine fête.
Après le repas, je demande s'il y a des toilettes. Ma question
semble bien saugrenue. Le patron me montre la nature. A moi de
me débrouiller. Je pars dans le noir. Des chants proviennent
de toutes les maisons. La fête bat son plein. Je comprends que
tous ceux qui ont pris le car avec nous, font maintenant la
fête en famille. Cela correspond à ce que m'avait dit Bassou
lorsqu'il m'avait expliqué que "pour la fête de la Dassain,
Katmandou se vidait des deux tiers de sa population". Comme je
n'arrive pas à savoir où je mets les pieds, en désespoir de
cause, je m'arrête au bord du chemin, j'éteins ma lampe et
fais mes besoins dans le noir puis je rejoins ma chambre.
Avant d'étaler le duvet, je saupoudre le lit d'anti-poux.
Catherine m'a recommandé cette précaution. Ici elle se
justifie particulièrement
|

Boté Lama
prend sa charge sur les escaliers
de la lodge
de Tarkeghayang |
Suite |