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Mon aventure au Népal 1993

Départ pour le Langtang

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            Ce matin, en attendant que tout le monde se réveille, je me plonge dans un intéressant livre sur le Népal, trouvé dans la bibliothèque de Catherine. A 8 h les enfants se lèvent. A 9 h je pars avec Bassou. Sur la route il me montre une vache décorée pour être sacrifiée. Je m'exclame : "Pauvre vache". Bassou s'étonne et réplique : "en France aussi on mange de la viande". J'ai tout de même du mal à comprendre qu'on tue pour satisfaire les besoins en sang d'une déesse.

 

            A l'agence, on prépare mon permis de trek. Rendez-vous est pris pour mon départ à 12 h 30.        Je profite de ce temps libre pour récupérer mon gilet. Bien entendu, lorsque je me présente à la boutique, le gilet n'a pas été retouché. J'explique que je pars à 11 h et qu'il y a peu de chance pour que je puisse repasser. Le vendeur me dit que c'est la fête. D'accord, mais il s'était engagé. Je repasserai à 11 h 30 dernier délai. Un peu plus tard, je retrouve mon vendeur de cassettes. Il est tout heureux de me revoir. Nous procédons à l'échange, roupies contre cassette. Je passe aussi à la petite supérette qui est à l'angle de Tridevi Marg pour m'approvisionner en "Mars" et en "Tang". Enfin je repasse pour mon gilet, il est prêt. Me voila paré.

 

            A l'agence je retrouve Chandra, c'est lui qui me servira à nouveau de guide. Il est accompagné de Boté Lama qui sera le porteur. Ce dernier est plus petit que Ramzi et toujours souriant. Nous prenons un taxi. Comme toujours, le conducteur doit faire trois fois le tour de son véhicule pour ouvrir les portes qui ont perdu plus ou moins volontairement leurs poignées. On roule toutes fenêtres ouvertes jusqu'au Central Bus Stop. Impossible de fermer les vitres, pour elles non plus, il n'y a pas de poignées.

 

            A 13 h nous montons dans un autocar, Chandra me fait installer dans la cabine avant. Peu à peu le car se remplit. Il y a dans ce lieu une incroyable effervescence. De tous côtés on s'agite, les coups de Klaxon fusent, les gaz d'échappement forment d'épais nuages noirs qui s'élèvent ici et là à chaque vrombissement de moteur.

 

            Lorsqu'enfin le conducteur s'installe à sa place, son premier geste est de plonger sa main dans le seau qui est entre mes jambes pour faire le plein d'eau du radiateur. Le moteur démarre au quart de tour, mais on attendra encore un bon moment avant que notre car s'ébranle. Lorsque nous nous présentons à l'entrée du parking, il est plein à craquer. Dans la cabine, nous sommes une dizaine de personnes alors que seules 5 places assises sont prévues. Derrière on est serrés comme des anchois et j'ai vu des personnes monter sur le toit. Je me souviens que le père de Catherine m'avait demandé si je monterais sur le toit d'un car. Je n'avais pas bien compris ce qu'il voulait dire. Lorsque nous recevons l'ordre du départ, le contrôleur ne prend même pas la peine de fermer la porte.

 

            Nous prenons la direction de Bhaktapur. Je m'en aperçois car nous suivons la seul ligne de trolley bus qu'il y ait au Népal. Elle a été construite par la Chine. Il y  beaucoup de monde sur la route. Tous les cars que nous rencontrons sont archi pleins. A 15 h nous arrivons à Banepa, une petite ville semblable à Mugling. Il s'agit sans doute d'une halte routière, car il y a de nombreux autobus et une très grande agitation dans la large rue qui la traverse. A peine avons nous le temps de descendre que Chandra et Botélama sont déjà partis à la recherche du car qui nous avancera vers le Langtang.

 

            Je croyais avoir tout vu en matière de transport, mais là, les autobus partent bourrés à mort avec des passagers pendus aux portes ou à l'échelle d'accès au toit. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouve assis à l'avant de la galerie et lorsque notre véhicule s'ébranle nous sommes bien une cinquantaine d'hommes, femmes et enfants nous cramponnant comme nous pouvons pour nous maintenir à notre place. Il faut reconnaître qu'avec des autobus qui ne doivent pas dépasser les 40 km/h, les risques sont faibles.

 

            L'ambiance est chaude, il y a toute une bande de jeunes gens, vraisemblablement des étudiants, qui ont pris place à nos côtés. Ils ont entrepris de chanter en s'accompagnant d'un tam-tam. Nous traversons des paysages extraordinaires. La vallée est agricole. A perte de vue, je vois des champs découpés en banquettes qui tracent des sinusoïdes dans l'espace. Nous sommes en pleine période des moissons et il y a beaucoup de couleurs. Tous mes sens sont aux abois pour saisir les subtilités de cette situation. Cela me rappelle ce voyage en camion, fait à 20 ans, pour rejoindre un kibboutz du Nord de la Galilée après mon arrivée à Tel Aviv.

 

            Nous ne tardons pas à quitter la route goudronnée, une route qui va jusqu'en Chine, puis nous bifurquons pour prendre un chemin de campagne. Vers 19 h, à l'occasion d'une halte, la plupart des passagers descendent et on nous fait entrer à l'intérieur du car. La nuit est tombée depuis un bon moment. Une demi heure plus tard nous arrivons à Melamchi. Il n'y a pas d'électricité, nous sommes dans le noir le plus absolu. J'ai l'impression d'être sur une décharge sauvage. Nous trouvons une lodge, mais le choix n'était pas grand. Tout ici est crasseux. Une femme fait la cuisine au bord de la rue sur un poêle en terre cuite. Nous avons pris place à l'intérieur. Comme nous commençons à manger un groupe d'enfants vient nous faire la sérénade. Ici aussi on est en pleine fête.

 

            Après le repas, je demande s'il y a des toilettes. Ma question semble bien saugrenue. Le patron me montre la nature. A moi de me débrouiller. Je pars dans le noir. Des chants proviennent de toutes les maisons. La fête bat son plein. Je comprends que tous ceux qui ont pris le car avec nous, font maintenant la fête en famille. Cela correspond à ce que m'avait dit Bassou lorsqu'il m'avait expliqué que "pour la fête de la Dassain, Katmandou se vidait des deux tiers de sa population". Comme je n'arrive pas à savoir où je mets les pieds, en désespoir de cause, je m'arrête au bord du chemin, j'éteins ma lampe et fais mes besoins dans le noir puis je rejoins ma chambre. Avant d'étaler le duvet, je saupoudre

le lit d'anti-poux. Catherine m'a recommandé cette précaution. Ici elle se justifie particulièrement.

          L'ambiance est chaude, il y a toute une bande de jeunes gens, vraisemblablement des étudiants, qui ont pris place à nos côtés. Ils ont entrepris de chanter en s'accompagnant d'un tam-tam. Nous traversons des paysages extraordinaires. La vallée est agricole. A perte de vue, je vois des champs découpés en banquettes qui tracent des sinusoïdes dans l'espace. Nous sommes en pleine période des moissons et il y a beaucoup de couleurs. Tous mes sens sont aux abois pour saisir les subtilités de cette situation. Cela me rappelle ce voyage en camion, fait à 20 ans, pour rejoindre un kibboutz du Nord de la Galilée après mon arrivée à Tel Aviv.

 

            Nous ne tardons pas à quitter la route goudronnée, une route qui va jusqu'en Chine, puis nous bifurquons pour prendre un chemin de campagne. Vers 19 h, à l'occasion d'une halte, la plupart des passagers descendent et on nous fait entrer à l'intérieur du car. La nuit est tombée depuis un bon moment. Une demi heure plus tard nous arrivons à Melamchi. Il n'y a pas d'électricité, nous sommes dans le noir le plus absolu. J'ai l'impression d'être sur une décharge sauvage. Nous trouvons une lodge, mais le choix n'était pas grand. Tout ici est crasseux. Une femme fait la cuisine au bord de la rue sur un poêle en terre cuite. Nous avons pris place à l'intérieur. Comme nous commençons à manger un groupe d'enfants vient nous faire la sérénade. Ici aussi on est en pleine fête.

 

            Après le repas, je demande s'il y a des toilettes. Ma question semble bien saugrenue. Le patron me montre la nature. A moi de me débrouiller. Je pars dans le noir. Des chants proviennent de toutes les maisons. La fête bat son plein. Je comprends que tous ceux qui ont pris le car avec nous, font maintenant la fête en famille. Cela correspond à ce que m'avait dit Bassou lorsqu'il m'avait expliqué que "pour la fête de la Dassain, Katmandou se vidait des deux tiers de sa population". Comme je n'arrive pas à savoir où je mets les pieds, en désespoir de cause, je m'arrête au bord du chemin, j'éteins ma lampe et fais mes besoins dans le noir puis je rejoins ma chambre. Avant d'étaler le duvet, je saupoudre le lit d'anti-poux. Catherine m'a recommandé cette précaution. Ici elle se justifie particulièrement

Boté Lama prend sa charge sur les escaliers

de la lodge de Tarkeghayang

 

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