Accueil
Qui suis-je?
Ma généalogie
Mon environnement
Mes voyages
Mon Portfolio
Dernières nouvelles
Mes liens

 

Boite aux lettres

 

 

 

Mon aventure sur le toit du Monde 1994

Départ pour le Khumbu

page précédente
page suivante

            Levé à 5 h, Catherine essaye une dernière fois de joindre le chauffeur. Pas de réponse. Elle doit se résoudre à m'emmener. Elle appelle Michel et Jac à leur hôtel. Le guide doit passer les prendre et nous rejoindre au carrefour de Ring Road. Là, devant un grand panneau "Katmandou ville propre", elle me fait monter dans un taxi qui, au lieu de suivre celui de mes compagnons, démarre à toute allure et fonce vers l'aéroport en me criant "two hundred roupies". Je suis sûre qu'il va me mener à l'aéroport international, mais comment l'arrêter, il ne sait que répéter "two hundred roupies". Je le laisse faire et lorsqu'il stoppe enfin, je lui fais comprendre qu'il s'est trompé d'aéroport. Heureusement, la gare d'embarquement des avions de la R.N.A.C. n'est pas loin et je retrouve immédiatement Jac, Michel et Durba, l'associé de Catherine. On nous présente notre guide Moan. Il y a là une foule de trekkeurs et je reconnais quelques passagers du vol Paris-Katmandou.

 

            Le jour commence à se lever. La logique des formalités n'est pas évidente. Ici aussi nous devons nous soumettre à la fouille. Ceux qui ont des briquets se les font confisquer. Ma caméra et ma batterie intriguent toujours, mais çà passe. Nous nous retrouvons dans la salle d'attente où le bar n'est pas encore ouvert. Pourtant un petit quelque chose à avaler serait apprécié, mais ce service n'ouvre qu'à 8 h. Moan commence à nous expliquer le programme. Nous sommes anxieux de savoir comment le vol va se passer.

 

            Enfin c'est le départ, nous rejoignons notre avion. Une vingtaine de passagers sont embarqués, je suis assis au fond de l'appareil. On ferme la porte et l'hôtesse nous offre un bonbon. Le pilote met en marche un moteur, puis l'autre et l'avion part prendre position sur la piste. C'est le décollage. Un petit tour au dessus de l'aéroport pour prendre la direction de Lukla. Nous découvrons au loin les sommets enneigés. L'avion suit les vallées et à chaque col il vrombit de tous ses moteurs pour raser les cols. Par les hublots nous n'avons aucun mal à voir les montagnes qui, la plupart du temps, sont plus élevées que nous. Enfin, après le passage au raz des pâquerettes d'un dernier col, c'est un cri, la piste d'atterrissage est en face de nous, minuscule. L'avion plonge, se pose et met les gaz à fond  pour remonter la piste et aller se garer un peu sur le coté.

 

            Tous nos porteurs nous attendent. Eux sont venus à pied. Nos bagages sont déchargés pendant que d'autres  passagers embarquent pour le retour. L'avion repart et plonge dans la vallée pour prendre son envol. Nous allons rester là quelques instants, admiratifs de voir les avions se succéder et réussir l'exploit de se poser sur ce minuscule terrain d'aviation implanté à 2850 m d'altitude. Entre ceux qui embarquent et ceux qui débarquent, l'activité est intense et il faut être au Népal pour admettre l'anarchie qui règne ici. Toute la matinée, avions et hélicoptères se succèdent.

 

            Moan, a le plus grand mal à nous faire quitter les lieux tant nous sommes subjugués par l'atmosphère qui règne ici. Nous nous retrouvons tout de même, pas loin de là, derrière une lodge où nos porteurs ont installé une bâche sur le sol pour nous offrir notre premier thé et quelques biscuits. Outre Jac, Michel et moi, notre groupe va se composer d'un guide: Moan, d'un cuisinier et d'un aide-cuisinier et de six porteurs.

 

            Peu après on nous apporte le véritable petit déjeuner. Nous n'en revenons pas de son abondance. Enfin c'est le départ, nous traversons la grande rue de Lukla et commençons à remonter la vallée. D'autres groupes ont chargé leurs bagages sur des yacks ce qui ralentit leur progression. Je retrouve les vallées profondes rencontrées dans les Annapurna, les nombreux passages de torrents et les routes qui montent autant qu'elles descendent. Un peu avant midi, nous arrivons à Ghat (2400 m d'altitude) notre première étape. Immédiatement nos cuisiniers se mettent à l'ouvrage et à 13 h nous servent notre repas: des frites, du thon, des céleris et des tartines de pâté, le tout arrosé par de nombreuses tasses de thé.

 

            La lodge offre une terrasse qui nous permet de prendre notre repas assis à une table. Au dessus une plate-forme sur laquelle paissent deux yacks. Deux porteurs s'y activent à tailler des tiges de bambous pour réparer leur doko, ces hottes qui servent au portage. De nombreuses caravanes passent. Michel me propose d'aller visiter les environs. Juste après la lodge, il y a un chörten entouré de plusieurs moulins à prière. Un peu plus loin un énorme rocher barre la route. Des écritures y ont été sculptées et mises en relief par une peinture blanche très vive. Tout au long de notre route, nous rencontrerons de tels rochers gravés et parfois peints.

 

            Nous atteignons le village voisin et passons devant une lodge disposant d'un vaste terre-plein sur lequel un groupe est en train d'aligner une série de tentes igloos flambant neuves. Sur le coté, un petit chemin conduit à une passerelle suspendue que nous traversons pour remonter en direction d'un village qui surplombe la vallée. Notre arrivée étonne quelques paysannes travaillant au champ. L'une d'elle vient à notre rencontre pour nous signaler notre erreur. Elle nous montre la direction du nord en nous criant "Phakding". C'est le nom du village le plus proche. Nous lui lançons de nombreux "Namasté" et poursuivons notre route. Nous nous rendons jusqu'à un petit Chörten et faisons demi tour.        

 

  A notre arrivée, nous trouvons les porteurs en train de monter les tentes. Il y en aura trois, une pour Jac et Michel, une pour moi et une pour notre guide. Michel s'inquiète un temps de voir les deux jeunes Yack sauter comme des petits fous à proximité, mais à la tombée du jour, ils seront rentrés à l'étable.

 

        A cinq heures, on nous sert à nouveau du thé et des biscuits pendant que nos porteurs s'acharnent à mettre en fonctionnement un réchaud à pétrole. Enfin la journée s'achève à 18 h 30 en prenant le repas du soir à la lumière d'une lampe à pétrole. Il fait bon, nous restons sur la terrasse de la lodge à écouter Moan nous expliquer l'histoire de son pays et de sa famille. Il est de l'ethnie gurung. Son grand-père était colonel dans l'armée et très bon chasseur ce qui a conduit son père à devenir taxidermiste. Il a connu un grand train de vie mais aujourd'hui il a une certaine amertume de n'être que guide.

suite