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Boite aux lettres



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Carnet de
route du tour du Manaslu 1995
Le groupe
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Majhuwa Khaireni, le 23 octobre.
6 h. Le ciel laisse poindre ses premières lueurs.
La ville s'éveille. Dans la chambre, comme dans la lodge,
personne ne semble pressé. Au petit matin, j'ai dû remettre
mes jambes dans le duvet. Depuis un moment une forte envie de
pisser m'agite. Je ne résiste plus, je sors et réveille mes
compagnons de chambrée. Au retour, je range mes affaires et
descends au rez-de-chaussée. Le mobilier est réduit à sa plus
simple expression: un vaisselier avec quelques boissons
soigneusement alignées, un frigo et deux petites tables. Au
centre une paillasse sur laquelle dorment encore trois
marmots. Ils se disputent trois des coins d'une couverture
carrée.
Baboul me fait servir un thé. A peine bu, il
m'entraîne vers l'autocar. Il doit nous emmener à Gorkha.
Toutes les places assises sont déjà prises et pas de jeunes
couples pour me céder un coin de banquette. Les passagers
continuent à s'entasser et lorsque le car s'ébranle, je suis
debout, coincé contre un dossier qui m'enfonce le thorax. Une
jeune femme, prise en sandwich, n'a d'autre solution que de se
lover sur moi. Il est heureux que le revêtement de la route
soit en bon état. Il n'y a pas trop de cahots. Par contre les
virages sont nombreux et à chaque courbe la masse des
voyageurs me presse un peu plus. Je n'ai aucun autre appui
pour me retenir que ce dossier.
Je ne sais pourquoi, j’imaginais que Gorkha était
une "citadelle". Or, nous nous arrêtons sur une vaste place
entourée de boutiques. Gorkha est l'ancienne capitale de la
dynastie des Shah. C'est au cours du 18 ème siècle que l'un
des membres de cette famille, Prithvi Narayan Shah, s'employa
à conquérir toutes les régions de ce qui forme aujourd'hui le
Népal. Il réussit cet exploit en dressant les uns contre les
autres les chefs des royaumes voisins. Cet esprit guerrier a
rendu célèbre le peuple Gorkha. Il est connu de toutes les
armées du monde pour fournir d'excellents
mercenaires. C'est sans doute là la raison de mon illusion.
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Nous sommes à
1100 m d'altitude. Les premiers passagers descendent. Je
retrouve enfin un peu d'espace pour me retourner.
J'aperçois Thierry et Catherine. Je les ai rencontrés à
l'agence Argane trois jours plus tôt. Avec eux des jeunes
filles, un jeune coiffé d'un béret - il ne lui manque que
la baguette de pain pour symboliser la France -, et le
guide reconnaissable à sa casquette. Grand et souriant, il
s'avance pour me serrer la main. C'est Boussal. Je ne le
reconnais pas immé-diatement, pourtant je l'ai rencontré à
St Michel l'Observatoire alors qu'il débutait un tour de
France comme peu de français en ont fait. Invité par
d'anciens clients de Catherine, en trois mois il a tout
vu. Il s'est baigné dans les vagues de Biarritz, a gravi
le Mont Blanc, fait du rafting sur la Durance et parcouru
la France en long en large et en travers.
Ma surprise est grande. Je m'attendais à trouver un groupe
de vieux routards et je me retrouve avec une bande de
jeunes au milieu desquels je vais faire figure de "papi".
Thierry et Catherine viennent tous les deux de
Haute-Savoie. Lui est guide de haute montagne aux |
Ménuires. Il travaille
pour l'agence Argane. Le noyau du groupe est formé par
Marie-Pierre, Claudine et Bernard qui randonnent ensemble dans
la région parisienne. Il y a aussi Marie-Laure qui vient de
Blois et Anne-Marie. Cette dernière est la benjamine. C'est la
cousine de Claudine.
Anne-Marie me demande si j'ai soif. Boussal me propose un
thé. Mon esprit est ailleurs. Il y a des magasins et je suis
ravi d'entendre le groupe décider de faire un peu de shopping.
Je vais pouvoir faire les quelques achats que la précipitation
de mon départ n'a pas permis. Je pars à la recherche d'une
lampe de poche et de piles. Je n'ai aucun mal à les trouver.
J'achète une bouteille d'eau.
Au retour je suis surpris que Boussal sorte à
nouveau du groupe pour me saluer. En fait, ce n'est pas lui
mais Sapagain l'officier de liaison. En quelques minutes, tant
de choses se sont passées que je n'ai pas encore identifié
tout le monde. Lui aussi est vêtu d'un survêtement et porte
une casquette comme presque tous les guides. Il nous propose
de choisir entre un circuit "pépère" ou un circuit plus "hard"
permettant de visiter le monastère de Gorkha et bénéficier
d'un intéressant point de vue. Cette possibilité fait
l'unanimité.
Il fait beau. Les filles finissent de se
barbouiller les bras et les jambes de crème solaire. Quelques
porteurs sont déjà partis, d'autres terminent leur déjeuner
sur le bord du chemin autour d'un feu improvisé. J'apprends
que six sont venus avec le groupe, six autres ont été
embauchés à Dumré et six encore ce matin à Gorkha. Parmi eux
il y a trois femmes. En tout, avec guides, officier de
liaison, cuisiniers et porteurs, nous sommes trente deux.
Bernard fait remarquer que nous formons une petite P.M.E.
mobile.
Sapagain prend l'initiative du départ. Le groupe commence
l'ascension. Les lacets mènent au monastère. Personne n'est
pressé. Si je me laissais aller je devancerais rapidement le
groupe de plusieurs centaines de mètres. Il n'y a guère que
Bernard et Catherine qui aient envie de se dégourdir les
jambes. La ville de Gorkha ne présente pas une grande
originalité. Dès qu'on passe les quelques maisons qui
entourent la place, l'habitat devient plus dispersé. Il y a
bien quelques grandes bâtisses, mais elles sont sans
architecture. Ce sont sans doute des bâtiments d'état, ferme,
école ou caserne. Les quelques édifices religieux que nous
apercevons n'ont pas l'élégance de ceux de Katmandou. Ils sont
massifs comme ceux de Patan, mais sans ornement. Ils
ressemblent à de gros pâtés.
Nous passons devant une grande fontaine publique.
Elle est tout aussi sobre. C'est là que femmes et enfants
viennent prendre l'eau, se laver et faire leur lessive. En
prenant un peu de hauteur, je remarque plusieurs aires
d'atterrissage pour hélicoptères. La présence d'une demeure
royale y est certainement pour quelque chose. La campagne
environnante est luxuriante. Les collines environnantes sont
toutes en rondeurs, peu élevées et nimbées par la brume. Le
sentier que nous suivons bénéficie de l'ombre de la forêt que
nous traversons. Un peu plus loin, au bord d'une falaise, sur
un minuscule promontoire,
un parasol en bois donne une
touche de romantisme à ce lieu.
Le monastère est tout au sommet de la colline.
Comme une citadelle il est entouré de murailles. Un premier
porche marque l'entrée. Un large escalier suit et nous fait
accéder à un deuxième porche où un panneau signale qu'il est
interdit de faire des photographies. Il est aussi défendu de
porter des objets en cuir pour respecter les préceptes
hindouistes. C'est la déception. Nous attendons devant le
porche d'entrée. Sapagain parlemente avec le soldat de garde.
Il obtient l'autorisation de visiter à condition que nous
quittions nos chaussures, ceintures et autres vêtements
susceptibles d'être en cuir. Nous laissons donc nos sacs à dos
et, déchaussés, nous parcourons les différentes terrasses.
Cette difficulté est fréquente au Népal. Elle ne pose aucune
difficulté aux autochtones.Ils marchent pieds nus ou en
tongues et qui lorsqu'ils ont des chaussures, ils se
déchaussent sans peine et négligent de serrer leurs lacets.
Sapagain se fait un plaisir de faire sonner une
énorme cloche. Les lieux sont austères, mais propres. Ils nous
conduisent jusqu'à une terrasse et nous offrent un
spectaculaire panorama. De là nous pouvons voir à l'Est les
sommets du Langtang et du Ganesh Himal,
au nord le Manaslu,
le Ngadi Chuli, l'Himal Chuli et le Baudha
Himal et à l'ouest toute la chaîne des Annapurnas. Ce sont
autant de sommets que nous allons approcher et qui, vus d'ici,
sont encore bien loin. Une invitation à les approcher!
Le soldat a souhaité que nous nous divisions en
deux groupes pour la visite. En dehors du panorama, il n'y a
rien de très extraordinaire à voir. Les quelques temples et
bâtiments sont sans grand caractère. Nous nous retrouvons à
l'entrée où nous nous rechaussons pour descendre en direction
de l'est. De ce versant, nous apercevons toute une zone de
collines cultivées sur de minuscules terrasses. Celles-là
suivent les courbes de niveau. Je suis toujours impressionné à
la pensée que des hommes puissent ainsi sculpter la montagne.
Nous descendons par un sentier assez raide et
retrouvons les porteurs sur un chemin, un peu plus bas. Le
sentier est plus large. Il fait très chaud. C'est la saison où
le riz finit de mûrir. Les collines environnantes ressemblent
à des marches dorées ondoyant sous le vent. A un carrefour,
grande discussion. Les porteurs sont divisés sur le chemin à
prendre. Ceux recrutés à Gorkha tiennent à prendre une route
différente. C'est la séparation. Une partie d'entre eux prend
un sentier et gagne la crête. Quant à nous, nous poursuivons
notre route sur le même niveau. Notre passage ne manque pas
d'attirer l'attention des enfants qui nous couvrent de "Namasté",
de "Pen", de "Sweets", de "Chocolates". Leur curiosité est
égale à la nôtre.
Arrivés sur une arête, Sapagain nous entraîne sur
un sentier assez raide. Nous plongeons au fond de la vallée.
Les porteurs poursuivent leur route sur un chemin plus
paisible. Catherine et Bernard semblent habitués à la marche
et descendent d'un bon pas. Marie-Pierre les suit d'un pas
plus mesuré. Sa technique de marche est plus sage: aucune
précipitation, mais une grande régularité pour éviter tout
déséquilibre. Marie-Laure et Claudine, sous le charme du
paysage, s'arrêtent toutes les cinq minutes à la recherche du
meilleur angle photographique. Thierry, en bon
accompagnateur, ferme la marche pour ne perdre personne. En
discutant avec lui, j'apprends qu'il a commencé sa carrière de
guide dans les Ecrins. Il est de la promotion de Pascal
Giraud, un guide de St Bonnet avec qui j'ai fait cet été
l'ascension du Sirac . Je lui apprends que Pascal est
actuellement au Népal.
C'est l'occasion de parler de toutes les randos que j'ai
faites et de celles que j'aimerais faire. Il a travaillé
quelques temps à L'Argentière. Bernard est originaire des
Landes, plus précisément de St Vincent de Tirosse. Petit,
râblé, en short et avec son béret basque, il a tout du
boy-scout. Je suis tout étonné d'apprendre qu'il travaille à
Bercy, au Ministère des Finances.
Comme
toujours au Népal, la descente n'en finit pas. Nous faisons
quelques pauses, pour se regrouper. Il y a aussi les "pauses
techniques". Il n'est pas évident pour nos demoiselles de
trouver des lieux pour s'isoler. Heureusement l'esprit
d'équipe est là. Pendant que l'une d'elles se risque à faire
un "pissou", l'autre fait le guet. Cela n'empêche pas toujours
un passant de surgir. Heureusement les népalais sont pudiques
et passent "comme s'ils n'avaient rien vu".
Peu à
peu je sens que Sapagain est inquiet. Lorsque nous passons
dans une clairière, il s'arrête pour scruter l'horizon et
lancer quelques coups de sifflets. Nous sommes presque au fond
de la vallée quand du haut d'une colline voisine nous
entendons des appels. Il est près de midi. La faim commence à
se faire sentir et la proximité d'une rivière donne à notre
équipe l'idée d'un agréable pique-nique. Nous envisageons de
nous installer quand Boussal nous rejoint. Il est un peu
essoufflé. Il est descendu à travers les broussailles. Nous
nous sommes trompés de vallon. Les porteurs descendent un peu
plus loin.
Nous rechargeons nos sacs à dos. Quelques mètres
plus loin nous apercevons les porteurs qui traversent la
rivière sur un pont suspendu. Nous les rejoignons. C'est au
tour de Boussal d'être inquiet. Une partie des porteurs n'est
pas là. C'est d'autant plus ennuyeux que ce sont ceux qui ont
la cuisine. En les attendant, nous nous installons pour un
petit casse-croûte avec les quelques vivres que nous
possédons. Thierry, pour l'agence Argane, a apporté des "Vache
qui rie", du saucisson et des fruits secs pour compléter la
nourriture locale. Comme les porteurs n'arrivent pas, Boussal
nous propose de les attendre dans un village proche.
Nous
nous installons dans la première lodge. Immédiatement les
filles se précipitent vers la rivière pour faire de la lessive
et se laver. Puis c'est le tour des garçons. Pour l'atteindre,
nous traversons le village, quelques rizières en évitant de
mettre les pieds dans la boue, puis un large lit de galets. Au
bord du torrent le soleil n'est pas loin de passer derrière la
montagne. Dès que l'ombre sera là, la fraîcheur suivra. L'eau
n'est pas trop froide et, comme mes compagnons, j'entreprends
une grande toilette. Je ne m'éternise pas dans l'eau de peur
de ne pas avoir le temps de me sécher dans de bonnes
conditions. Thierry prend son temps. je suis déjà hors de
l'eau lorsqu'il y entre.
Nous regagnons la lodge. Les porteurs ne sont pas
encore arrivés. Au milieu de la rue quelques villageois se
regroupent et entreprennent un jeu d'argent comme les
affectionnent tous les népalais. Nous les regardons en
essayant de comprendre. Thierry se fait expliquer le jeu. Les
participants sont assis en rond. Chacun porte un numéro et
doit retenir celui des autres joueurs. Ils jouent avec des
noyaux coupés en deux et font des paris sur le nombre de
coquilles tombant coté bombé ou coté creux. Le pari se fait
avec celui correspondant au bon nombre de coquilles. Devant
l'intérêt que Thierry manifeste, il est invité à rentrer dans
le cercle. Peu à peu le groupe s'agrandit et à la tombée de la
nuit, c'est tout le village qui est là, vibrant au succès des
uns et aux échecs des autres.
Peu à peu des lampes à pétrole ont été allumées
pour éclairer. Faute d'avoir trouvé un
W-c.
dans le village, je m'éloigne à la recherche d'un coin
tranquille. Les rizières n'offrent guère de lieux pour
s'isoler et entre les rizières il n'y a que des chemins. Je
pense avoir trouver l'endroit idéal quand je m'aperçois qu'une
lumière s'approche. Il me faut aller chercher un peu plus
loin.
Nos
porteurs ne sont toujours pas arrivés. Boussal fait déballer
nos affaires et nous nous installons dans la pièce du dessous
pour passer la nuit. Pour le repas du soir, il nous fait
préparer un dal bhat. Devant la lodge le jeux s'est arrêté. Un
perdant commençait à ne plus maîtriser sa colère et quelques
femmes pressaient leurs maris de regagner le foyer pour le
repas.
Nous
nous retrouvons serrés autour de la table, mangeant un dal
bhat plutôt maigre. Les propriétaires de la lodge n'avaient
pas prévu autant de clients. Boussal a fait rajouter quelques
oeufs. Le repas n'en demeure pas moins léger. Pour nous, c'est
l'occasion de mieux se découvrir. Thierry est très en forme.
Il vient de gagner une centaine de roupies au jeu. Il nous
explique qu'en dehors de la saison estivale où il exerce le
métier de guide, il est pisteur. Il en est à son troisième
séjour au Népal. Il avait organisé ses premiers voyages pour
des clients, mais depuis peu il travaille pour l'agence Argane
qui cherche à étendre ses activités à la haute montagne.
Pour Marie-Pierre le Népal n'est pas inconnu.
C'est son troisième séjour. Les deux premiers se sont passés
dans un cadre professionnel. Elle est commerciale à E.D.F.. A
deux reprises elle a apporté une aide technique aux népalais
pour établir la tarification de leur électricité. Son premier
séjour a coïncidé avec la période de la révolution
démocratique.
Au cours d'une de ses missions qu'elle a pu faire le tour des
Annapurnas.
Anne-Marie nous surprend en mangeant son dal bhat "à la
népalaise". Elle est ingénieur des Eaux et Forêts. Elle a fait
une mission de plusieurs mois à Pondichéry. C'est là qu'elle a
appris à manger le riz avec les doigts et s'est convertie à
cette méthode. Claudine nous apprend qu'elle est employée chez
Philips. Vient mon tour. On me demande où j'habite. Je n'ose
dire "Aux Mées", convaincu que personne ne connaît.
Timidement, je réponds: "Entre Manosque et Sisteron" et
Anne-Marie demande tout naturellement si ce n'est pas "Aux
Mées". Je suis pris au dépourvu, étonné. Je demande si elle
connaît. Elle me répond "Non, mais étudiante j'ai participé à
une étude sur les systèmes agro-pastoraux de la montagne de
Lure".
Découvrant que je suis des Alpes du Sud, Boussal
me parle de St Raphaël, d'Arles, de Pertuis et de St Michel
l'Observatoire. Je lui rappelle que je l'ai rencontré chez
Philippe
et qu'il avait dit avoir enchaîné en trois semaines: le tour
du Manaslu, des Annapurnas et du Mustang. Lui aussi ne m'avait
pas reconnu. Il faut dire que ce soir là, ébloui par tout ce
que j'entendais, j'étais plus attaché à écouter qu'à me faire
remarquer.
Il est 20 h et nos porteurs ne sont toujours pas
là. Il est maintenant certain qu'ils n'arriveront plus. Ils
ont vraisemblablement fait halte en route en attendant de
pouvoir nous rejoindre. Il est décidé qu'au lever du jour
Boussal partira à leur recherche.
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Thierry et
André dansant devant la lodge |
Pendant que nous discutons, un nouvel attroupement s'est
formé devant la lodge. Des femmes se sont mises à chanter et l'une
d'elle danse. L’animateur du jeu, demande successivement à
Thierry, à Bernard. et à moi-même de les rejoindre au centre
de la piste. Il nous fait danser et chanter. Nos pas
incertains, notre difficulté à reprendre les phrases qu'il
nous fait ânonner, font rire tout le monde. L'ambiance est
chaude pourtant nous commençons à avoir envie de regagner nos
duvets.
Sapagain que les gens du village ont pris pour
notre guide (à cause de sa caquette), se fait leur
porte-parole pour nous demander de donner de l'argent pour le
développement du village. La méthode nous étonne mais notre
officier de liaison nous dit qu'il a déjà donné 100 roupies.
Interrogé sur la conduite que nous devons tenir Boussal fuit
nos questions, puis laisse entendre que nous ne devrions
rien donner ou tout au plus 150 roupies. Nous sommes très
embarrassés, ne sachant s'il s'agit d'une escroquerie. La
seule évidence est que notre don ne servira pas à un vrai
projet de développement. Que faire? Nous décidons de
donner 200 roupies et de les remettre à l'animateur de
cette soirée. Thierry se charge de cette mission. A peine
fait, ce leader vient vers nous fou furieux. Il nous rend
notre argent et nous réclame 500 roupies. Que faire? Les |
explications que nous
donnent Sapagain et Boussal ne nous éclairent guère. Dans la
rue, les danses et les chansons ont cessé, mais tout le monde
attend. Nous sommes embarrassés. On tente de nous imposer de
payer un spectacle que nous n'avons pas demandé. Que
représentent 100, 200, 300 roupies aux yeux de ces villageois?
Nos discussions tournent en rond. Enfin un homme se détache,
vient prendre notre argent et nous remercie. Nous restons
perplexes. Avons nous bien ou mal fait? Nous ne le savons pas!
En quelques minutes les uns et les autres regagnent leurs
foyers. Quant à nous, nous descendons nous coucher.
Comme
nous n'avons qu'une partie de nos affaires, nous nous
répartissons les duvets, les couvertures et les habits chauds.
Je donne mon duvet et me contente de mon matelas mousse. A une
altitude de 500 m il ne fait pas froid et, entassés dans cette
petite pièce, la chaleur humaine apporte le complément
d'énergie nécessaire pour passer une bonne nuit.
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