Katmandou,
le 16 novembre.
En partant
Catherine me fait visiter l’école où sont les plus jeunes des
enfants de Népal Enfance et Lumière. Elle est à quelques centaines de
mètres de chez elle. En nous voyant, le directeur abandonne sa partie
de tennis pour nous accueillir. Le bâtiment ressemble à un petit
pavillon. Lorsque nous entrons une vingtaine d’enfants révisent leurs
cours sous la surveillance de quelques éducatrices. Ils sont répartis
dans trois salles. Les cours ne commenceront qu’à 9 h. Catherine leur
annonce qu’il y aura une séance de vaccination demain après-midi. La
nouvelle n’est pas faite pour les réjouir, mais c’est l’assurance
qu’ils pourront éviter les quelques épidémies qui sévissent dans
la région.
Catherine me
montre un bâtiment abandonné en face de l’école. Elle le convoite
pour réaliser le pensionnat qui lui permettrait de rassembler tous les
enfants. Elle espère obtenir du propriétaire un bail à long terme
pour disposer du maximum de moyens financiers pour adapter le bâtiment.
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Catherine nous
dépose à l’agence. Rakech n’est jamais sorti de son quartier de
Katmandou. Je me propose de lui faire visiter Patan et le zoo. Il est 8
h. Nous prenons un taxi et lui demande de me déposer au Durbar Square
de Patan. Les camelots ne sont pas encore installés. Il est trop tôt pour
tenter une visite du palais. Je profite de cette occasion pour me perdre
dans les rues environnantes. Un coup à droite, un à gauche et je me
retrouve dans des impasses, traverse une ruelle, tombe sur une cour et découvre
un magnifique temple. De cour en cour, je découvre des dizaines de
temples tous plus beau les uns que les autres. Rakech me suit. Il
n’ose rien dire, mais doit se demander ce que ce fou a besoin de
fouiller. Moi, je découvre un Patan bien différent de celui que j’ai
vu l’an dernier. Ici il n’y a pas de quartiers rénovés comme dans
Katmandou. Les bâtiments neufs sont rares. Tout est plus homogène.
Nous nous
sommes beaucoup éloigné de Durbar Square. Je crains de ne plus trouver
le chemin du retour. Je fais demi-tour et me retrouve sans difficulté.
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Nous faisons le tour du palais. Il est fermé.
Devant, des camelots se sont
installés. Je fouine à la recherche de souvenirs. Un vendeur sent
l’affaire et me vente tous les bibelots qu’il a. Je penche pour une
statuette de Bouddha et pour une clochette. Il me fait tinter chaque
cloche et apprécier la pureté de leur sonorité. Pendant que je
marchande, un jeune me demande si je ne me souviens pas de lui. Je
reconnais le petit guide qui nous a fait visiter le quartier l’an
dernier. Je suis tout étonné qu’à un an d’intervalle et parmi les
nombreux touristes qui passent, il se souvienne encore de moi.
J’ai soif et
j’invite Rakech à prendre une orangeade dans un restaurant. J’essaye
de parler avec lui. Il est trop intimidé pour se lancer dans des
confidences. Je m’aperçois qu’il m’appelle « Uncle » . C’est plus flatteur que « grand-father » . Je
profite de notre passage à Patan pour l’emmener au Kwa Bahal. On
l’appelle aussi le temple d’or. Les deux lions qui marquent l’entrée
me permettent de le retrouver facilement. Fondé en 1409, c’est l’un
des rares temples bouddhistes dont la ferveur des fidèles suffit à
assurer financièrement l’entretien des bâtiments. Enserré dans un
ensemble d’immeubles, il n’en demeure pas moins beau par la finesse
de tout ce qui s’y trouve. Je l’emmène aussi au Maha Bouddha dit le
temple des 1000 bouddhas. Lui aussi est enserré dans un pâté de
maisons.
Le zoo est au
sud de Patan dans le quartier où les
réfugiés tibétains produisent
leurs tapis. Au moment où nous descendons du taxi un éléphant rentre
par le grand portail. A la caisse je m’aperçois qu’il y a aussi un
prix pour les Népalais et un pour les étrangers. Une large allée
traverse un jardin fleuri jusqu’à un lac aux eaux vertes. Tout
autour, des boxes et des cages abritent les animaux sans réels efforts
de présentation. Hors de leur milieu naturel ces animaux paraissent
souvent piteux. De nombreuses cages sont vides. Buffles, gazelles, zèbres,
ours, singes et de nombreux oiseaux sont là. Aucun effort n’est fait
pour mettre en valeur les animaux et certains sont en piteux état.
Celui qui m’impressionne le plus est le tigre du Bengale. Il y en a
deux couples cachés derrières un bosquet d’arbres. Ce sont les seuls
à bénéficier d’un semblant de milieu naturel. Tout au fond de la
cour, nous retrouvons l’éléphant attaché à un piquet. Il est en
plein soleil, abandonné comme une voiture sur un parking. Il me fait
peine. Rakech que je
photographie, prend une pause tout aussi triste.
J’invite
Rakech à faire une promenade en barque sur le lac. A l’embarcadère
ma demande semble poser problème. Il semble que le couple franco-népalais
que nous formons, pose le problème du prix à faire payer. Enfin un
jeune se décide à nous embarquer. Sur ce lac rectangulaire,
plein de vase, cette promenade m’apparaît dérisoire.
Il est plus de
13 h. Je cherche un restaurant. Nous nous installons dans une petite
boutique où des femmes semblent cuisiner. Des vitrines présentent des
pâtisseries. Je demande à Rakech de négocier un repas. Il n’obtient
que du thé. Je reste perplexe sur cet attitude et me résout à me
replier sur Thamel où je sais trouver de quoi manger.
Je dois ramener
Rakech à son école avant 16 h. C’est l’heure. Sur la Tridevi Marg,
je questionne un taxi. Catherine m’a fait un plan pour rentrer chez
elle. J’arrive sans problème à guider le chauffeur jusqu'à l’école.
Rakech est tout heureux de retrouver ses copains. Je le laisse avec eux,
espérant qu’il gardera le meilleur souvenir de cette journée. De
retour le chauffeur m’explique que c’est l’école de son fils.
C’est sans difficulté que je trouve la route conduisant chez
Catherine. Le taxi n’est pas encore arrêté que « Didi »
est déjà là pour m’accueillir.
Mon voyage est sur le point de se terminer. Le temps de faire une dernière
fois mes bagages est venu.
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