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Mon aventure au Népal 1993

Visite de Dubar Square et de Swayambhunath

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Katmandou, 25 octobre 93

 

            Ce matin, j'ai pris mon déjeuner dans Thamel. Comme toujours, je suis trop matinal. J'ai dû tourner un moment pour trouver un restaurant ouvert. Enfin, ayant pris place au fond d'une salle avec un groupe d'australiens et de canadiens, j'avale un "porridge" et deux pains tibétains (c'est du pain frit qui ressemble à des bugnes) pour ne pas marcher le ventre creux. Puis, je remonte Lekhnathmarg. Je découvre là une rue très ancienne où de très nombreux commerces se côtoient. Souvent regroupés par activité, les bouchers, comme les couturiers travaillent à la vue de tous, leurs toutes petites boutiques étant ouvertes sur la rue. Ils sont dans des maisons qui ont été somptueuses, mais qui aujourd'hui menacent ruine.

 

            Lorsque j'arrive enfin à Dubar Square, je passe devant les multiples temples et devant l'ancien Palais Royal, un bâtiment de type colonial que je contourne pour atteindre une grande place où les camelots installent leurs marchandises. Je suis accosté par un de ces nombreux marchands qui vendent des flûtes, des violons rustiques, ou d'autres gadgets. Lui, vend un truc en fils de cuivre qui se transforme en bracelet,  en fleur, ou en boule. Comme tous les commerçants népalais, une fois qu'il vous accroche, il ne vous lâche plus. Hier, j'ai remonté toute une avenue avec un vélo-taxi accroché à mes basques. Pendant que je tente de faire l'indifférent, un jeune, dans un anglais un peu meilleur que de coutume, me propose de me faire visiter Dubar Square pour 15 $. Pour me débarrasser de mon marchand et aussi pour comprendre la logique de cet amoncellement de temples, j'accepte sans me rendre compte qu'ici 15 $ c'est un sacré salaire. Toujours est-il que pendant une heure, il me traîne d'un temple à l'autre en me débitant l'histoire de chacun de ces temples et des divinités qu'ils honorent. Je suis bien incapable de me rappeler tout ce qu'il me raconte tant le nombre de divinités est grand et leur vie compliquée.

 

            Toujours est-il que pour se faire pardonner le prix qu'il m'a demandé, il m'invite à boire un thé et me propose que nous nous retrouvions chez lui à 13 h. Il souhaite me montrer comment ils fêtent la Dassain dans sa famille. Pour ma part, je souhaite aller faire un tour à Swayambhunath Stupa, un des plus anciens sites bouddhistes du Népal. Malgré mon mauvais sens de l'orientation, j'arrive au bord de l'une des rivières qui traversent Katmandou. La Bishnumati a un lit large et profond où coule un tout petit pipi d'eau. De nombreux buffles s'y baignent au milieu des ordures qu'un tel lieu attire.

 

            Une fois sur la berge, Swayambhunath avec la toiture d'or d'un de ses temples m'apparaît. Le site est situé sur une hauteur qui domine tout Katmandou. Je traverse la rivière par le premier pont qui se présente, le terme passerelle serait sans doute plus exact, tant il est vétuste et fragile. Puis, je m'engage dans un chemin desservant un quartier résidentiel. A un carrefour, je fais sans doute un mauvais choix et après une bonne marche je me trouve en pleine campagne, puis sur la "Ring Road", un périphérique construit par les chinois. Je la longe et découvre la campagne népalaise. Là tout retrouve un aspect plus ordonné, je dirais même très ordonné, car ici le travail que les paysans font pour leurs champs, est fabuleux.

 

            A l'approche de Swayambhunath, la "Ring Road" prend un air de kermesse. De nombreux autobus "Tata" (grand constructeur indien de véhicules) qu'on croirait ornés pour passer les fêtes de fin d'année, attendent les pèlerins qui visitent le site. De là, la Stupa apparaît au sommet d'une haute colline très boisée. Tous les bâtiments que l'on voit autour semblent modernes et de style tibétain. Je gravis un chemin qui aboutit entre deux ensembles de stupas. De nombreux drapeaux à prière s'agitent sous les effets du vent comme le linge sur un fil d'étendage. Ici, tout est ordonné. Un peu plus bas, je remarque un très beau bâtiment sur lequel je lis "Centre de recherche sur les plantes médicinales", d'autres immeubles témoignent du dynamisme de ceux qui vivent autour de ce site. Je gravis le mamelon nord. Sur une grande place, il y a de nombreux moulins à prière. En montant, un escalier j'atteins une cour d'où sortent des chants de prière. Je n'ose entrer, une cinquantaine de personnes dont des européens semblent s'initier aux rites bouddhiques. Je redescends et me dirige vers le deuxième mamelon où se trouvent le temple principal et de nombreux autres bâtiments. En longeant ceux-ci par le passage extérieur, je découvre de nombreux singes en liberté dans la forêt.

 

            Il y a foule dans les ruelles. Le battement d'un tambour m'attire près d'un temple dans lequel des lamas sont en train de prier. Je reste à la porte car il faut retirer ses chaussures pour entrer. De l'extérieur j'aperçois un gigantesque moulin à prière. De temps en temps, des cris effrayants me font sursauter: ce sont des singes qui se sentant agressés, partent en chasse derrière l'intrus. Pendant quelques instants, on assiste à des courses effrénées, puis le calme revient.

 

            Ce site est très visité. Au sud, on peut descendre par un gigantesque escalier dont les marches sont de plus en plus raides au fur et à mesure qu'elles approchent du sommet. Ici, comme partout au Népal, bouddhisme et hindouisme se trouvent mélangés et de nombreux hindous sont venus en pèlerinage et sont là mélangés aux moines bouddhistes. Du haut de l'escalier, il y a une superbe vue sur Katmandou.

 

            Je m'aperçois que la bande de mon camescope est terminée. Je devrais donc revenir si je veux conserver un souvenir des lieux. Je décide de me rendre immédiatement au rendez-vous de mon guide à Dubar Square. Je descends le gigantesque escalier d'accès, entre deux rangs de statues d'animaux, je passe devant les mendiants que je n'ose regarder tant ils font pitié, et je me dirige vers Dubar Square, mais je tourne et retourne dans les rues sans retrouver ce quartier.

 

            Un peu déçu, je me décide à entrer dans un des rares restaurants que je trouve ouvert. Son enseigne laisse penser qu'on y mange beaucoup de viande et cela se révèle vrai. On m'amène un grand plateau en bois sur lequel finissent de frire dans un plat en fonte, de la viande et des légumes qui n'auront aucun mal pour combler ma grande faim. La veille, dans un autre restaurant, on m'avait apporté le même plat, mais là je m'étais beaucoup brûlé la langue en mâchant une viande sans goût, pleine de nerfs et entourée de légumes pas cuits (cela fut mon plus mauvais repas népalais).

 

            A peine arrivé, un couple de jeunes français et leur ami népalais s'installent en face de moi. Lui est petit, et au départ très préoccupé de savoir s'il pourra manger une pizza. Le népalais parle un excellent français et témoigne la plus grande admiration à son ami. La conversation m'apprend que le français est enseignant à l'école des guides de Chamonix et qu'il vient de réaliser une première, mais je n'ai pas retenu où! De retour, en lisant le magasine "Montagne", j'apprendrai qu'il s'agit de Jean Christophe Lafaille qui a gravi le Cho-Oyu (8201 m), puis le Xixapangma (un autre 8000), avant de partir en voyage de noces en Thaïlande avec Véronique, sa compagne.

 

            De retour, en passant devant le Palais Royal, je découvre une foule attendant sur le bord du trottoir. Je crois à une manifestation sportive, mais à l'hôtel, le frère de Bassou m'apprend que ces népalais attendent pour recevoir la "Tika" des mains du roi. Je charge une nouvelle bande dans mon camescope et reprends la route du Palais Royal. Depuis mon premier passage, la foule a encore grossi. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde fait ainsi la queue. Je me hasarde à passer devant tout le monde pour me rendre devant l'entrée principale du palais. Là, il y a une très grande agitation. Dans une petite cour, de nombreuses voitures de police sont garées, il en sort des gradés bardés de décorations. Au carrefour, des policiers s'agitent, mais au Népal, je n'ai jamais compris à quoi ils servaient. Apparemment, leurs gestes sont incohérents, et personne n'y prête attention. Toujours est-il que, bien qu'ayant attendu un bon moment, je n'ai pas vu entrer grand monde dans la cour du palais et il y a peu de chance pour que cette foule puisse être toute reçue avant la nuit. Pourtant, quand je quitte les lieux, il y a encore plus de monde et il commence à faire nuit.

 

            Je termine la soirée en me promenant dans Thamel. En faisant les boutiques, je m'aperçois qu'ici il y en a beaucoup qui vendent du matériel de montagne et elles sont mieux pourvues que celles que nous trouvons dans nos stations de montagne. Ici, il y a surabondance dans le choix des doudounes, des duvets, des piolets, des crampons et autres matériels. Dire que j'ai eu tant de mal pour trouver mon équipement.

 

            Je dîne dans un grand restaurant distillant de la musique des années 60. Des canadiens s'assoient à ma table. Ils s'inquiètent des élections qui se déroulent dans leur pays et sont déçus de constater que si les journaux parlent de la grève d'Air France (au passage ils m'apprennent qu'Atali a démissionné), personne ne s'intéresse à leurs élections.

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