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Mon aventure au Népal 1993

Je fuis Katmandou

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            Je n'aime pas vivre en ville et c'est le 5° jour que je passe à Katmandou. Je commence à en avoir marre de la foule, de la poussière, des ordures et des temples. En allant prendre mon petit déjeuner, je m'aperçois que les services municipaux de la ville ramassent les ordures dans les rues. J'ai peut-être une chance de trouver une banque ouverte. Il me semble aussi qu'un plus grand nombre de magasins sont ouverts. Je me rends donc à Triveni Marg où, dans un immeuble très moderne (avec un Escalator), se trouve la Népal Grindlays Bank. Il y a effectivement plus d'animation qu'à l'habitude, les portes de la banque sont ouvertes et des gardiens sont à l'entrée, mais dès que je m'approche, ils m'expliquent que c'est la Dassain et que je dois repasser un autre jour. Je devrais donc attendre, mais les roupies commencent à me manquer. Faute de pouvoir en trouver, je décide de m'éloigner de la ville.

 

            Je me dirige droit au nord. Je longe d'abord une rue plus large que celles rencontrées dans Thamel. Il s'y trouve des commerces plus variés, marchands de pièces détachées pour voiture, de tuiles, de fers à béton et même de capteurs solaires. Plus je m'éloigne, plus les maisons sont espacées, je traverse un pont, à un carrefour je prends sur la droite et commence à monter. Sur ma gauche, une forêt que je longe. Celle-ci s'avère entourée d'un mur. Un peu plus loin, l'entrée de cette enceinte m'apprend qu'il s'agit d'un site protégé alimentant la ville en eau, qu'il est possible de le visiter mais qu'aujourd'hui il est fermé, à  cause de la Dassain.

 

            Sous les arbres, il fait relativement frais. J'avance rapidement bien que de temps en temps, l'eau que restitue la forêt, déborde sur la route et la recouvre de boue. De nombreux cars chargés de touristes m'obligent à emprunter le bord de la chaussée et me font respirer leurs gaz d'échappement. Il faut dire que lorsque les népalais chargent des passagers, ils chargent vraiment. Cela va jusqu'à en mettre sur le toit et à en avoir pendus aux portes. Les contrôles antipollution sont ici totalement inconnus, et ce sont de grands nuages noirs qui sortent du pot d'échappement lorsqu'ils démarrent, passent les vitesses ou montent une côte.

 

            Sur ma droite je domine la campagne. Cette vue me révèle qu'ici tout l'espace disponible est travaillé. Dès qu'une pente se manifeste, des banquettes sont réalisées. Elles découpent le paysage en parcelles parallèles à la pente. C'est absolument fabuleux! De quoi faire rêver les amoureux des "bancau", mais jamais en Provence on n'a eu l'audace de réaliser de tels travaux. D'ailleurs cela aurait été une catastrophe, mais ici c'est possible, car il y a beaucoup d'eau et je ne pense pas qu'il y ait les fortes averses que nous connaissons et qui emportent tout.

 

            Katmandou est construit sur un ancien lac qui se serait asséché. Cette vaste cuvette est donc relativement plate, seules les quelques rivières qui la traversent y ont creusé leur lit. Par contre, cette grande plaine dont l'altitude est de 1300 m, est entourée de collines qui rapidement atteignent les 2500 m. En prenant de l'altitude, j'aperçois au loin, entre deux montagnes, dans une percée de nuages, les cimes enneigées de je ne sais quel sommet. Des environs de Katmandou, seuls quelques sites, permettent de voir les plus hauts sommets de l'Himalaya, encore faut-il que le temps le permette, car cette chaîne bloque les nuages. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir les neiges éternelles au dessus des nuages.

 

            Arrivé à un col, je quitte la route goudronnée pour suivre la crête d'une colline partant à l'est. Je traverse le hameau qui est là, puis le chemin se transforme en sentier, je passe près de petites maisons d'agriculteurs. Les sentiers d'accès, me donnent une idée des pentes et des distances que ces ruraux parcourent pour se rendre à leurs champs, ou pour aller vendre leurs récoltes à la ville pourtant proche. Au passage d'un petit col qui forme une vaste plate-forme, des enfants jouent sur une balançoire construite en bambous à l'occasion de la fête. Il est midi passé, je décide de m'en retourner en descendant par le fond de la vallée. En bas, je traverse de nombreux champs et des fermes, surprenant ou tout au moins intrigant les autochtones.

 

            Tout au long de mon périple au Népal, mes "double glass" et ma caméra ont été l'objet de nombreuses remarques de la part des népalais. Les verres solaires que l'on rajoute sur les lunettes sont en effet totalement inconnus ici. Quant à la couleur de mon camescope, enserré dans sa boite étanche bleu lumineux, il est tout à fait nouveau pour ces populations qui n'ont la télévision que depuis quelques années, encore faut-il qu'ils habitent près des deux grandes villes du pays.

 

            De retour, je passe à l'agence pour voir s'il y a enfin un guide pour m'accompagner. Bassou m'accueille avec toute l'amabilité qui le caractérise. Il m'explique que mon départ pourrait être pour le lendemain, qu'il a espéré mon passage. De mon côté, en lui décrivant la promenade que je viens de faire, je lui confirme que je souhaite partir le plus tôt possible. Il m'explique que je peux partir seul dans deux jours. Je fais la moue. Il me semble que dans un groupe je pourrais mieux comprendre les différents aspects des vallées traversées et deux jours de plus dans cette ville ne me réjouissent pas.

 

           Pour lui, une autre possibilité serait de me joindre à un français et un suisse qui partent le lendemain pour le camp de base de l'Everest. Sa proposition me déçoit un peu, ce n'est pas le Tour des Annapurna pour lequel je suis venu, et la durée du trek est beaucoup plus courte. Je ne souhaite pas me retrouver à nouveau à traîner dans Katmandou. Par contre cette proposition présente l'avantage d'un vol en avion à proximité du toit du monde. Bassou sent ma perplexité. De toute façon, avant de prendre la décision, il faut l'accord des deux personnes. J'apprends qu'elles ont la soixantaine, ce qui me fait craindre que nous n'ayons pas réellement la même façon de marcher.

 

            Puis tout à coup, il me fait une autre proposition: "rejoindre un groupe de deux jeunes français partis ce matin pour faire le tour des Annapurna". Mon accord est immédiat. Rendez-vous est pris pour 18 h 30 à l'hôtel. Il me reste un tout petit peu plus d'une heure pour me préparer. Je n'ai plus une seule roupie et je n'ai pas mangé depuis le petit déjeuner. Bassou m'échange 1000 frs. Je pars dans Thamel. J'achète une de ces vestes de l'armée américaine bourrées de poches, que j'ai repérée dans les nombreuses boutiques de matériel de montagne. Je conclus le marché pour 1000 roupies. Cette veste me permettra d'avoir sur moi, ma boussole, mon altimètre, mon appareil photo, mes papiers, mon argent et sans doute bien d'autres choses. Mon sac banane s'est avéré très peu pratique. A l'angle de Tridevi Marg, je trouve un supermarché où j'achète quelques "Mars" et des stylos bille. Philippe m'a dit qu'il était bien d'en avoir à donner aux enfants.

 

            Je regagne l'hôtel où j'organise mes trois sacs et fais un dernier brin de toilette. Je ne sais pas comment cela se passera pour la suite.

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