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Au pays de la Reine de Saba 1997

La vie à Sanaa

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Sanaa, 29 septembre,

 

            4 h 30. Une multitude de haut-parleurs se mettent à hurler dans la plus grande cacophonie. Le plus proche est presque sous nos fenêtres. Il fait encore nuit noire. Pendant une demi-heure, ce sera à qui fait le plus de bruit et pousse les plaintes les plus stridentes. Nos guides nous révélerons qu'il s'agit d'une prière particulière au Yémen: prière qui s'ajoute aux cinq prières quotidiennes auxquelles tout bon musulman doit se conformer. Cette prière est une louange à Allah qui a créé le monde aussi beau et doux. Je veux bien croire qu'Allah soit grand, beau et bon, mais je trouve que ses adeptes n'ont pas l'art de lui rendre grâces. Leur attitude ressemble plus à une injure lancée au créateur et à nous pauvres touristes fatigués par un long voyage et réveillés en plein sommeil!

 

            Des voisins ont laissé le hall éclairé. Il me semble avoir entendu des voisins entrer tard dans la nuit. Je me lève pour l'éteindre et me recouche.

 

            7 h. Il fait jour. Je n'ai pas vraiment pu me rendormir. Je me lève. Après avoir complété mon carnet de voyage, je prends une douche. De retour Jac et Michel ont fait surface. Les alentours de l'hôtel commencent à s'agiter. De notre troisième étage, bien que coincés entre plusieurs immeubles, la ville se révèle fort esthétique. Quel contraste avec ce que je vois au pied de l'hôtel. Là ce ne sont que gravats et ordures. Des ouvriers martèlent des pierres. La grande route par laquelle nous sommes arrivés, est en construction. Il s'agit du Wadi Al-Sailah[1], un de ces torrents secs mais dont les eaux peuvent brusquement gonfler jusqu'à inonder la ville.

 

            Nous nous retrouvons un peu plus tard dans la cour pour le petit déjeuner. Il y a là un minuscule jardin entouré par une sorte de patio en canisses. Je découvre la beauté de notre hôtel, un immeuble yéménite traditionnel construit en terre. Il forme un ensemble de tours ocres. Les fenêtres sont petites et entourées d'un parement blanc. Ce parement se retrouve aussi dans la partie basse pour simuler un jointoiement de briques.

 

            A notre passage, tous les serveurs nous ont lancé un "bonjour", mais leur français n'ira guère plus loin. Leur anglais n'est pas beaucoup plus développé. Le déjeuner est assez classique : pain, beurre, confiture, fromage, mais aussi une sorte de pain de la forme et de l'épaisseur d'une crêpe.

 

            Pendant que nous mangeons, un groupe de français s'installe. Nous leur demandons ce qu'ils ont fait. Ils sont avec Nouvelles Frontières et terminent un séjour de trois semaines à travers tout le Yémen. C'est aujourd'hui leur dernière journée. Jac, notre organisatrice experte, leur demande une foule de renseignements sur les différents lieux que nous comptons visiter.

 

            Nous apprenons ainsi que 100 rials valent environ 5 F et 130 rials un dollar.  Nous en profitons pour leur acheter les rials qu'ils ont en trop.

 

            La réception est envahie par les bagages du groupe de Nouvelles Frontières. Nous discutons avec les chauffeurs des 4x4 qui les ont accompagnés. Ils travaillent pour l'agence Moka Tours. Le patron de l'hôtel nous les recommande.

 

            Nos priorités de la matinée:, acquérir des rials, trouver une agence pour organiser notre séjour, un hôtel pour le soir, acheter timbres et cartes postale. Je demande si je peux envoyer un fax. C'est possible mais cela présente quelques difficultés. Je n'insiste pas, ce sera peut-être plus facile à la poste. Le portier nous donne un plan et nous indique le chemin à suivre.

 

            En quittant l'hôtel nous descendons dans le Wadi poussiéreux pour remonter en face dans le souk qui doit nous conduire à Bab-As-Sabah, où nous devrions trouver la poste. Il est encore tôt et les marchands du souk se mettent juste en place. La plupart des femmes sont voilées et habillé de noir de la tête aux pieds ce qui les fait ressembler à des religieuses. Rares sont celles dont on voit les yeux. Plus rares encore celles qui laissent voir leur visage. Une partie des hommes porte le pantalon mais le plus grand nombre est vêtu d'une longue robe où une sorte de jupe faite avec un carré de tissus drapé autour de la taille. Une large ceinture la maintient et permet le port de la djambya[2].

 

            Avec nos habits d'occidentaux, nous sommes la cible de tous les regards. Les enfants nous courent après en nous demandant des stylos et des bonbons. Quelques passants nous lancent un "Welcome". Il s'ensuit la litanie des "Where are you coming from?", "What is your name?", "My name is...", mais la conversation ne va pas beaucoup plus loin. Leur connaissance de l'anglais qu'ils viennent de tester, demeure limitée.

 

            A l'entrée du souk nous rencontrons les inévitables marchands de qat. Les acheteurs sont agglutinés autour d'eux et négocient âprement le prix et la qualité puis s'éloignent avec leur qat emballé comme un bouquet de fleur. Nous sentant intrigués, les vendeurs tirent quelques brins qu'ils nous donnent.

 

            Un peu plus loin nous nous faufilons entre les étals. Il y a là toutes la panoplie des marchands ambulants. Du briquet à la semelle pour ressemeler les chaussures, tout se vend et les camelots n'ont pas honte de faire des petits métiers. Chacun vante sa marchandise, agrippe le client et tente de se faire remarquer. Dans un coin, une femme vend toute sa production qui tient tout entière dans un panier de ménagère. A côté, un jeune jongle avec des oranges devant une brouette couverte de fruit. Un autre, assis au milieu de ses légumes, vante ses produits. Un peu plus loin, un boulanger a mobilisé quelques femmes pour vendre ses pains en forme de crêpe qu'elles empilent sur leur tête.  Lui, perché sur une estrade, devant un feu rugissant,  pétrit la pâte pour en faire une galette à la manière des pizzaiolis. Les enfants jouent au milieu d'une foule bruyante et agitée.

 

            Nous arrivons à Bab As Sabah. C'est la porte ouest de la vieille ville. Elle débouche sur la place Tahrir. C'est sans doute la plus grande place de Sanaa. C'est une vaste esplanade avec espaces verts et allées au milieu de laquelle trône un tank souvenir de la révolution. Tout autour on trouve le musée national, la tour de la télévision et la poste.

 

            Devant la poste nous faisons provision de cartes postales. Le choix n'est pas très grand. Certaines ont dû rester sur le présentoir et triturées pendant de nombreux mois. A la poste j'achète des timbres et me renseigne pour envoyer un fax. L'employé me fait un croquis pour trouver une agence spécialisée et avise un client pour qu'il m'accompagne. Sur les trottoirs toute une série de camelots sont installés, vendant souvent la même chose que la boutique devant laquelle ils sont. Il y a bien sûr les vendeurs de djambyas. A coté d'eux, assis sur le sol, une petite planchette entre les pieds et un chiffon à la main d'autres redonne du lustre aux lames. Je ressens toute la fascination qu'exerce les armes sur les yéménites. Tous les vendeurs ou lustreurs de djambyas sont entourés de clients passionnément intéressés par leur travail. A proximité il y a aussi les marchands de revolvers, de cartouches et d'étuis. Je remarque que les commerçants sont presque toujours regroupés par corporations[3].  Nous sommes étonnés par le nombre d'orfèvres. Il y en a à tous les coins de rue et quelque fois des rues entières. Dire que nous pensions être dans un pays pauvre!

 

            Enfin nous arrivons à l'agence. Nous entrons dans le vaste hall d'entrée de Moka Tours[4]. Une hôtesse nous reçoit et cède rapidement sa place à un jeune homme qui s'adresse à nous en français. Nous nous étonnons de la perfection avec laquelle il parle notre langue. Il est éthiopien. Il nous fait monter à l'étage dans un salon où, autour d'une table nous nous assaillons sur de larges poufs. Son agence travaille pour Nouvelles Frontières. Il est l'auteur du voyage pour lequel nous nous étions inscrits et c'est par son intermédiaire que Nouvelles Frontières à retenu notre hôtel. Ses explications sont si claires et judicieuses que nous nous entendons rapidement pour reprendre le circuit que nous aurions dû faire, mais en sens inverse pour pouvoir assister au marché au poisson d'Hodeidah. Il nous loue un 4x4 avec chauffeur pour 4 jours, à charge pour nous de nous nourrir et de nous héberger. Le départ peut avoir lieu le surlendemain, le temps d'obtenir des laissez-passer. Le chauffeur et son véhicule nous abandonnera à Manakha d'où nous rentrerons en taxi après avoir pris tout notre temps pour randonner dans les environs. Pour la suite nous aurons tout le temps d'en reparler à notre retour.

 

            A mon grand étonnement, Michel d'habitude acharné à discuter les prix est d'accord. Pourtant Moka Tours nous demande 60 $ par jour alors qu'Arabian Horizons m'avait proposé 55 $ par jour.  L'agence me parait sérieuse, fort accommodante et je ne vois pas de raison de chicaner pour quelques dollars. Nous sortons enthousiastes. Le chauffeur nous prendra mercredi à 8 h devant l'hôtel.

 

            De retour Jac nous propose de manger au Palestine. C'est un restaurant recommandé par le Guide du Routard. La salle du bas est bruyante et on nous engage à monter à l'étage. Nous sommes les seuls clients mais très vite rejoints par un groupe de hollandais rencontrés la veille dans l'avion. Le serveur nous apporte immédiatement trois galettes de pain et un menu écrit moitié en anglais moitié en arabe. Comme il ne nous comprend guère nous lui montrons notre choix: poulet grillé pour tous, Salta[5] pour Jac et Michel, riz pour moi. La salle est crasseuse. On nous sert rapidement. Le garçon réalise que nous sommes des européens et nous amène après coup, une cuillère et une fourchette. Prévoyants, nous avions apporté nos couverts[6]. Le peu de goût (pour ne pas dire le mauvais goût) de la cuisine de la K.L.M. m'ont donné un appétit d'ogre. Bien qu'un peu gras et trop grillé, j'avale le poulet qu'on a ouvert sur toute la longueur pour pouvoir l'écarteler et le faire griller avec une surface maximum au feu[7]. Cette pause nous permet d'élaborer le plan financier de notre séjour. Jac se charge de tenir les comptes. Je propose que nous payons à tour de rôle et réajustions les comptes de temps à autres. Nous pensons pouvoir nous en tirer en dépensant 1000 rials par jour (50 F) et par personne pour nous nourrir et 1000 autres rials par jour et par personne pour nous loger. Nos calculs sont assez savants car une fois le budget en rials déterminé, nous devons calculer le nombre de dollars que nous devons échanger, puis le convertir en francs pour évaluer ce que représente cette dépense.

 

            Les boutiques de change ne manquent pas. Nous nous retrouvons rapidement avec plus de 30 000 rials dans les poches, c'est-à-dire plus de 300 billets de 100 rials. Heureusement qu'en France on n'a pas comme seule monnaie les pièces de 5 frs! Il y aurait de bonnes raisons de se promener avec une brouette[8] pour faire nos courses!

 

            De retour à l'hôtel à 14 h, nous sommes tout contents de pouvoir faire une petite sieste au moment le plus chaud de la journée[9]. Nous en profitons pour recompter nos billets et vérifier qu'on ne nous a pas volés[10].

 

            A 16 h nous décidons d'aller visiter la vieille ville. A la réception le patron nous propose de participer ce soir à un repas yéménite. Nous donnons notre accord bien que le prix de 1500 rials[11] par personne soit élevé. Il nous conseille aussi de monter sur les terrasses de l'hôtel. A ma grande surprise, ce n'est pas une mais des terrasses que nous trouvons. Elles ont des niveaux différents et il faut enjamber des murets pour passer de l'une à l'autre. De là nous bénéficions d'un vaste panorama sur Sanaa. Nous sommes au niveau des immeubles les plus élevés. Seuls les minarets blancs des mosquées les dépassent. Ils contrastent par leur manque de recherche et d'élan avec ses tours qui s'élancent vers le ciel comme autant de châteaux forts. La décoration de leurs façades sont des splendeurs par la multiplicité des recherches géométriques qu'elles révèlent. Les murets de certaines terrasses forment une véritable couronne au-dessus d'eux. Nous découvrons la présence au coeur de la ville de nombreux et vastes jardins maraîchers entourés de palmiers.

 

            Nous nous engageons dans les ruelles étroites de la vieille ville. D'en bas le spectacle est tout autre.  Certaines rues sont propres et pavées, mais la majorité d'entre elles ont été défoncées par la mise en place des réseaux d'eau et d'assainissement. Les façades ont été enlaidies par les descentes d'eaux usées qu'on leur  a plaquées sans précaution. Les boutiques présentent rarement une vitrine, elles sont le plus souvent ouvertes sur la rue ou fermées par une porte en fer. Toutes les maisons ne sont pas en terre. Certaines sont en pierres taillées. Les portes sont souvent petites et certaines relèvent, avec leur menuiserie et leur entourage en pierre, de la même inspiration que celles qu'on trouve dans les maisons anciennes de Provence.

 

            Seuls les minarets signalent la présence de mosquées. Elles sont, en général, sans ouvertures sur la rue et leur architecture surmontée de coupoles contraste avec celles des autres bâtiments. Jac voudrais voir la grande mosquée. Elle questionne des gamines qui sortent de l'école et sont toutes heureuses de baragouiner avec une étrangère. Nous tentons de suivre leurs indications en nous lançant dans le dédale des rues. A plusieurs reprises nous renouvelons notre demande. Nous arrivons ainsi, sans l'avoir trouvé, au souk de Bab Al Yemen au sud de la vieille ville. Nous retrouvons l'ambiance tumultueuse des souks. Les boutiques sont les unes contre les autres. La foule est dense et il faut se bousculer pour avancer. Là aussi les marchands sont regroupés par corporation. Un gamin me propose de me changer des dollars. Dès que je lui demande le taux, il part à toute allure vers la boutique des ses parents et revient, une calculette à la main, pour me montrer le taux. Je n'arrive plus à m'en dépêtrer. Les gamins sont actifs et malicieux, ce sont souvent eux qui agrippent le client. Un vieux veut à tout prix me vendre une vieille djambya qu'il me propose à 700 rials. Pour m'en débarrasser je lui dis que je reviendrai à la fin de mon séjour. Nous sommes surpris de voir des marchands de semelles de chaussures. Il y a aussi un vendeur d'eau. Il a pendu à la ceinture une demi-douzaine de verres et porte dans son dos un magnifique vase en cuivre dont il verse l'eau en se penchant.

 

            Nous décidons de nous séparer. C'est l'heure où il serait bon que j'envoie mon fax. Je longe les remparts jusqu'à la traversée de Wadi As Sailah. Je tombe sur un chantier de tailleurs de pierre en pleine action. Ils préparent le pavage de protection des remparts. Au dessus d'eux des ouvriers bâtissent la couronne sommitale d'une tour. Le chef maçon est sur l'échafaudage et bloque d'une main puis de l'autre les boules de terre qu'on lui lance, avant de les jeter avec précision dans le coffrage. On croirait un goal de handball devant ses buts. En bas les ouvriers préparent une bouillasse de terre mélangée à de la paille qu'il agglutine pour en faire des boules. Je regrette de ne pas avoir ma caméra pour filmer la scène.

 

            J'ai tout juste le temps de rentrer. Arrivé à l'hôtel la nuit est tombée. Sanaa s'illumine. Les vitraux qui surmontent toutes les fenêtres brillent de toutes leurs couleurs. A 19 h 30 nous nous retrouvons dans la cour de l'hôtel. Il fait presque frais. Notre table ne tarde pas à être couvertes de petits plats sur lesquels nous nous jetons, la longue journée nous ayant creusé l'appétit. Au fur et à mesure que nous mangeons, les serveurs apportent une multitude de plats. Crudités, sauces, viandes, légumes et poissons les plus divers se succèdent, sans que nous puissions toujours savoir ce que nous dégustons. Jac qui a beaucoup plus voyagé que moi semble reconnaître quelques condiments mais les explications que nous demandons au serveur ne nous éclairent guère. C'est en général très fin. Nous ne tardons pas à être rassasiés et les plats continuent à nous être présentés. C'est à peine si nous pouvons toucher au dessert tant nous avons mangé. Il est 22 h lors que nous regagnons nos chambres.


[1] Les Wadis, appelés oueds dans le Maghreb sont des cours d'eau temporaires des zones arides qui peut déverser d'énormes quantités d'eau en peu de temps. Il tombe en moyenne 251 mm d'eau par an sur Sanaa (700 mm à Château-Arnoux, 1200 mm à Nice).

 

[2] La djambya est une sorte de dague à large lame courbe que les yéménites portent ostensiblement sur le ventre. Plus qu'une arme, c'est l'attribut marquant leur virilité ainsi que leur rang social et la tribu à laquelle ils appartiennent.

 

[3] Pendant plusieurs jours je chercherai à acheter du papier à lettre. Je m'étonne de ne voir aucune papeterie, lorsque le hasard veut que nous passions dans une rue où il n'y a que ça. Une autre fois je tombe dans une rue où il n'y a que des cabinets médicaux. Jac me faits remarquer que ce ne doit pas être facile pour faire ses courses!

 

[4] Moka Tours Tél. 00 967 1 276 711 Fax 00 967 1 276 713

 

[5] La Salta est un plat de mouton ou de boeuf haché mijoté dans un bouillon de légume et de riz et surmonté d'helba, une mousse verte à base de fenugrec.

 

[6] Les yéménites mangent avec les doigts. Ils arrachent la viande avec leurs dents. Quant aux légumes et aux sauces, ils les saisissent avec un morceau de galette de pain. Il n'est donc pas habituel de mettre couteau et fourchette sur la table.

 

[7] Les Yéménites mangent beaucoup de viandes qu'ils font griller verticalement en les présentant à un feu rugissant comme un chalumeau.

 

[8] Nous sommes étonnés par le nombre de brouettes que nous avons vues et surtout par l'usage qui en est fait. Au Yémen il semble que ce soit un outil universel servant au transport, mais aussi de siège ou d'étal.

 

[9] Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il ne fait pas très chaud à Sanaa. La ville est à 2 200 m d'altitude. Il nous est même arrivé de devoir mettre un pull léger à la tombée du jour. Mais la température atteint son maximum entre 14 et 16 h c'est d'ailleurs le moment que les yéménites choisissent pour qater et la plupart des boutiques sont fermées.

 

[10] Vu le nombre de billets qu'ils manipulent, les yéménites sont capables de les compter à une vitesse incroyable et d'une seule main. Non seulement il est impossible de les imiter, mais il est aussi impossible de compter aussi vite qu'eux. Heureusement il n'y a pas de voleurs au Yémen.

 

[11] Au Yémen on peut manger pour 200 rials (10 f), mais pour un très bon repas il vaut mieux prévoir 5 à 600 rials.  

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